Le petit village d’Aubais, où habitait le galeriste Didier Nick qui vient de décéder, a toujours su exploiter ses richesses architecturales (château, temples, jardin, lavoir, ancien presbytère…) en les allouant régulièrement à des initiatives artistiques. Ce sera d’autant plus le cas cet été qu’il s’agira d’honorer deux enfants du village, Patrick Saytour, qui y vit et travaille, et Claude Viallat, qui y a régulièrement séjourné.

On reconnaît les noms de deux des artistes majeurs de Supports-Surfaces, et la composante méridionale de ce mouvement, engagé à l’époque, qui œuvrait dans la critique et exploration radicale des composantes du tableau. Si l’œuvre de Viallat est reconnu même du grand public puisqu’elle implique la répétition systématique, sur une toile libre ou des tissus de tous genres, d’une empreinte vite devenue son image de marque, celle de Saytour est plus discrète.

Certes le tissu y apparaît, au début roulé ou plié, voire brûlé à intervalle régulier, ensuite dans une perspective plus kitch mais également d’autres matériaux comme le métal, le verre opaque et fonctionnel d’intérieur, les cartes géographiques… plus récemment des mètres pliants ou des brulages sur tissus (en écho à ceux conçus jadis, sur toile cirée), des trophées faits de bric et de broc, des cerceaux…

Viallat, c’est la frénésie des couleurs délimitées par les territoires qu’offre le tissu qui lui sert de support. C’est également une composante taurine moins connue et des objets (bois flottés) fragilement agencés. C’est Philippe Pannetier, qui assurera le commissariat, et orchestrera la répartition des œuvres dans les quatre lieux prévus à cet effet (l’escalier et les salles voutées du château, le presbytère et le temple), en partenariat avec les Artistes Nomades et l’Association des Patrimoines d’Aubais. Rappelons que Viallat a offert une dizaine d’œuvres, dont certaines très anciennes, au futur musée d’Aubais.

BTN

Du 16 juin au 21 août, au Château d’Aubais (30).
Tél. 04 66 80 89 00.