Eric Desnoues, directeur artistique des Nuits musicales d’Uzès a acquis une renommée et une crédibilité internationales depuis de nombreuses années. Soucieux des intérêts musicaux, mais aussi des retombées économiques pour la ville, il propose tous les ans, dans le plein été, et depuis 2021 tout au long de l’année, des concerts attendus et très suivis. Crées en 1971, les Nuits musicales, dont le marqueur de départ était le baroque, se sont peu à peu ouvertes à d’autres genres, gardant toujours la qualité et la hauteur au cœur de la portée.

Cette année, pour les 51ᵉ Nuits, l’éclectisme est plus que jamais au programme, les notes de musique arrivant de plusieurs pays d’Europe : l’Italie, Vivaldi et ses toujours délicieuses Quatre saisons, l’Espagne, particulièrement bien servie, avec un hommage (l’œuvre de Joachim Rodrigo) à tout ce que ce que ce mythique pays peut évoquer, hommage inscrit entre les véloces et magiques doigts de Liat Cohen à la guitare. Entre anonymes anglais et écossais, entre ballades, grounds et contredanses, Le Royaume-Uni exprime pour sa part, la saveur et la richesse de la musique instrumentale, Playford et Purcell en figure de proue. Force et de franchir même les océans, si l’on songe au dernier concert de l’édition estivale, le 29 juillet, celui de Roberto Fonseca Trio, du jazz afro-cubain, rassembleur, plein de vivacité et de vitalité, clin d’œil des plus musicalement amical à Cumpay secundo et au fabuleux Buena Vista Social Club.  Et puis, il y a le voyage dans l’imagination et le cœur que Stacey Kent en amenant Songs from other places, fait vivre au public, exprimant le désir collectif de parcourir le monde en chansons.

Eric Desnoues défend très justement cet éclectisme qui est entré dans l’univers musical des Nuits depuis quelques années : «  La musique n’est ennuyeuse que si elle est mal interprétée ». Ce qui n’a jamais été le cas à Uzès, vu les programmes structurés et équilibrés, le choix des interprètes, talentueux, sensibles et rayonnants. De la virtuosité pour vivre des émotions musicales fortes. Ce sera certainement le cas pour le concert Mozart à Prague, une solide ouverture des Nuits où la mezzo-soprano Cecilia Molinari montrera l’ampleur de sa tessiture, tandis que, Laurence Equilbey à la direction de Insula Orchestra, l’un des orchestres qu’elle a fondés, démontrera sa rigueur, sa précision, sa capacité musicale harmonieusement fédératrice sous sa baguette de chef dont la rigueur et la précision ne font pas défaut.

Évènement à surligner tant il est d’importance  : L’Italienne à Alger  déplacera sans nul doute les amateurs (et les autres) d’opéra, une séquence musicale très choisie avec Jean-Christophe Spinosi (lire notre interview) et son ensemble Matheus. À l’heure où ces lignes sont écrites, on apprend le changement de distribution. Ce sera donc la mezzo-soprano d’origine russe, Anna Goryachova qui tiendra le rôle d’Isabella. Et ce ne sera pas le moins que de conclure sur ces paroles du directeur artistique : « Il faut suivre ses envies, lorsqu’il s’agit d’œuvres profondes, d’interprètes d’exception qui laissent des traces marquantes, entrainant le public vers des choix et une écoute plus sélective, public qui est en demande d’émotions, de sensations originales. Les artistes savent qu’ils ont aussi pour mission de transmettre cette essentielle part d’humanité du passage, du partage. La virtuosité est un plus lorsqu’elle est associée au respect de l’esprit des œuvres. Ma fonction est celle d’être un médium et si je suis en phase avec le public, ce que je me plais à croire, au vu de la longévité du festival, de sa popularité, c’est qu’il y a création de lien, symbiose entre une œuvre, la magie d’un lieu, le talent des interprètes, la qualité d’une écoute. C’est ce qui construit la ligne force des Nuits musicales d’Uzès ».

MJ.L 

Du 15 au 29 juillet à l’Ombrière, dans la cour du Duché et dans la cour de l’Evêché.

Plus d’informations : nuitsmusicalesuzes.com

Téléchargez le programme