« L’esprit du lieu » au Musée Hyacinthe Rigaud: expo virtuelle par BTN

Depuis quelques jours, de nombreuses structures culturelles ont dû fermer leurs portes. Pourtant, elles avaient travaillé sur des expositions de grande qualité. BTN vous propose une visite virtuelle de ces lieux en vous partageant ses textes qui pourront vous rapprocher au plus près de ces expositions.

L’esprit du lieu au Musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan.

Qu’un musée honore les créateurs de son département d’élection, voilà qui surprend, fait plaisir à tout le monde et permet, par la proximité, des découvertes souvent bien méritées. Les artistes y trouvent leur place dans le paysage contemporain. Le public prend conscience des richesses qui l’entourent et l’on se dit que des disparités, réunies par une même passion, peuvent cohabiter et donner un aperçu de la production locale.

Ils sont 20 à représenter les Pyrénées orientales, dont ils ne sont pas tous originaires : Yohn Lee (installation pièces de métal en fusion) est coréen, Brigitte Kulewind (autoportraits repeints sur kraft) d’origine germanique, John Goudie Lynch est écossais (cf. son fou peignant) sans doute le doyen de cette expo … Mais où ils ont choisi d’habiter et surtout de créer. Ils viennent de Rivesaltes (Michel Latte, lequel sonne un aperçu de ses installations in situ) ou de Banuyls (les Jude), de Céret (Capdeville, Arnaudies, Marc Fourquet) ou de Bompas (Domergue), de Torreilles (Michel Fourquet) ou de Saleilles (Francesca Caruana)… Et bien sûr leur production est foncièrement différente. Rien de commun entre la figuration très singulière d’un Lynch par ex et les grands dessins floraux sur papier, de Jacques Capdeville ; entre les femmes peintes par Marc Fourquet dans un esprit très picassien, issu pourtant des années 80, et les ondulations colorées de son homonyme Michel Fourquet qui rend, à sa manière abstraite, un hommage aux ondulations de la mer. La mer, l’inépuisable sujet. Emmanuelle Jude y découvre ses Baigneuses et Albert Woda se plonge en elle à livre ouvert. Patrick Jude s’inspire plutôt du découpage serré des vignes vues du ciel ce qui donne à ses tableaux une apparence de géométrie libre. La nature est également présente dans les bois calcinés, engrillagés, tranchés au mur et jonchant le sol au sol, et aussi les dessins d’arbres de Philippe Domergue, ou dans les constructions puissantes, une sorte d’œuvre au noir, de Sébastien Frère. En fait c’est à des confrontations de styles et techniques différentes que nous sommes conviés. Toutefois, rien ne nous empêche de nous familiariser avec l’univers particulier d’une œuvre qui aurait retenu notre attention par son originalité : Jean-Louis Vila semble renouer avec l’univers de l’enfance, par le biais d’objets colorés, bricolés au bois (train électrique ; combat du monstre ou du héros) ; Francesca Caruana érige une solide girandole faite d’un mât de bois et de tessons de couleurs qui forment comme le squelette de colonne vertébrale; Sa toile, entre ciel et terre, est traitée en remous ondulés ; Thomas Pénanguer propose un cube innervé de lignes lumineuses ; Michel Arnaudies un curieux théâtre autour du thème de la fenêtre, avec collage de dentelles en guise de 3ème dimension… L’abstraction n’est pas oubliée ainsi qu’en témoigne la grande toile dans l’escalier de Bernard Bourgeaud. Patrick Loste y ajoute des références personnelles et mythologiques dont il a le secret. Joseph Maureso intrigue avec ses constructions de pierres semblant désigner un illusoire graal, toujours sur tableau, tandis que Roger Cosme Esteve paraît être parti en quête du feu…

Il y en a donc un peu pour tous les goûts. Des auteurs ajoutent à cette variété plastique leur plume inspirée… Une expérience que l’on aimerait voir se généraliser dans d’autres musées ou institutions régionales…

BTN

LAISSER UN COMMENTAIRE

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.