Cet été, le musée Jean-Jaurès de Castres consacre son exposition temporaire à l’affaire Sirven, qui avait visé au XVIIIᵉ siècle une famille de Castres, défendue alors par le célèbre Voltaire. Les visiteurs pourront tout découvrir de cette histoire locale jusqu’au 18 septembre grâce à une exposition présentant des documents inédits. 

L’affaire Sirven naît de la mise en accusation de Pierre-Paul Sirven (1709-1777), protestant, juriste spécialisé dans le droit féodal à Castres, accusé de la mort de sa propre fille Elisabeth. Cette dernière avait exprimé le souhait de se convertir au catholicisme et de rejoindre le couvent des Dames Noires où elle ne put rester en raison de ses comportements, souffrant vraisemblablement d’instabilité mentale.

Elle disparut dans la nuit du 15 au 16 décembre 1760. Pierre-Paul Sirven, se sentant menacé, s’exile alors en Suisse. Son épouse et lui-même seront condamnés par contumace et brûlés en effigie à Mazamet.

C’est alors que Voltaire réagit : « Ce jugement est l’excès de la bêtise, de l’injustice et de la barbarie. » La famille Sirven sera finalement réhabilitée par le tribunal de Toulouse en 1771.

En 2019, des descendants de la famille Sirven prennent contact avec les archives municipales de Castres où ils déposent le fonds Barthe-Ramond. Cet ensemble de quatre cent trente-deux documents d’archives, dont une centaine concerne directement le procès, rejoint les collections de la Ville pour être mis à la disposition des historiens.

C’est à la lumière de ces documents inédits et en partenariat avec le musée du Protestantisme de Ferrières que le Centre national et musée Jean Jaurès et les Archives municipales de la Ville de Castres reviennent sur cette douloureuse affaire.

Plus d’informations : ville-castres.fr