Chef-d’œuvre de l’opéra bouffe, Le Barbier de Séville de Rossini est à l’affiche du Théâtre du Capitole, dans une nouvelle production du 20 au 29 mai. La mise en scène de l’autrichien Josef Ernst Köpplinger éclairera pour nous sa vision acérée de l’œuvre, tandis que la baguette rayonnante d’italianité d’Attilio Cremonesi s’emparera d’une partition à l’énergie vertigineuse. Autour de Florian Sempey, Figaro de légende qui fera ses débuts au Capitole, une double distribution éclatante sera réunie, avec notamment Eva Zaïcik, Kévin Amiel, sans oublier l’immense Roberto Scandiuzzi dans le rôle de Basilio.

Imbroglio des positions sociales, pirouettes lyriques et verbales et kaléidoscope de situations ambiguës animent le chef-d’œuvre de Rossini.
« Un vieillard amoureux prétend épouser demain sa pupille ; un jeune amant plus adroit le prévient, et ce jour même en fait sa femme, à la barbe et dans la maison du tuteur. Voilà le fond, dont on eût pu faire, avec un égal succès, une tragédie, une comédie, un drame, un opéra, et cætera. […] » (Beaumarchais, Lettre modérée sur la chute et la critique du Barbier de Séville). Le vieillard, c’est le médecin Bartolo. La jeune fille, Rosina, se mariera tout à la fin avec le comte Almaviva, aidée en cela par Figaro, barbier de son état, officiant à Séville, et tous trois se gausseront du tuteur. La « précaution inutile », sous-titre de la pièce de Beaumarchais, est aussi le titre d’un drame à la mode, mêlé d’ariettes, dont Rosina laisse les couplets s’échapper de ses mains à l’attention d’Almaviva. La « précaution inutile » est une allusion moliéresque aux stratagèmes malchanceux de Bartolo, aidé de Basilio, pour arranger le mariage de Rosina.

Sérénades et travestissements sont les armes d’un subterfuge où l’on s’aperçoit finalement que les intrigants, Bartolo et Basilio, sont trompés à leurs dépens. Dans cette comédie dont le texte même étincelle de musicalité, on rit de ceux qui ont été le jouet des ressorts comiques de l’action. De l’opéra-comique imaginé par Beaumarchais, Rossini fait un buffa en deux actes, d’abord rejeté, dit-on, par la critique virulente du public romain, mécontent sans doute de la concurrence faite par le maître de Pesaro à son cher Paisiello, auteur également d’un Barbier d’après Beaumarchais.

Ce théâtre de l’enivrement comique, aux profils psychologiques parfaitement définis, tire sa force d’une foultitude d’autocitations musicales et d’une pyrotechnie vocale dont chaque note, chaque ornement est scrupuleusement écrit, précaution inattendue à l’époque de Rossini dans le buffa. Ce que le chanteur perd en liberté d’improvisation, le drame le gagne en efficacité et en verve humoristique.

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