Alors qu’une importante exposition de l’artiste néerlandais herman de vries (sans majuscules) est annoncée pour cet été, le L.A.C se rappelle à notre bon souvenir en fêtant le retour du printemps, d’une part en rendant compte des choix dans la Collection  d’un groupe d’étudiants et d’enseignants de l’IsdaT en mal de « présentiel », d’autre part en proposant le film de l’expérience qui s’est menée dans ses immenses locaux ces dernières semaines.

Il s’est agi en effet pour ce Space Hop and display, de répertorier un certain nombre d’œuvres de la très riche collection de la famille Moget et de la disposer au sol en fonction de critères aléatoires fournis par un jeu de dés. On est alors évidemment plus dans un accrochage classique, la notion de hiérarchie disparaît, des rapprochements inattendus apparaissent, on peut tourner autour des œuvres, circuler parmi elles et faire acte d’humilité en baissant les yeux vers elles. L’espace (Space) démesuré du Lac permet ce style d’expérience où les cartes sont rtejouées (Display). Un film rendra compte de cette décade prodigieuse et de la façon dont l’espace du Lac aura été remodelé par un quadrillage de circonstance. Les étudiants ont ainsi pu se livrer à une œuvre collective, mettant en jeu la notion de solidarité et de renonciation temporaire à une action individualiste pour une cause unique. Voilà pour l’Espoir, le Hope, avec le retour du printemps et on l’espère, des beaux jours. 

Toutefois, ceux qui auront la chance de visiter le Lac dès que ce sera possible pourront admirer quelques fleurons de la collection, choisis donc par les étudiants dans un accrochage plus traditionnel, à l’étage, celui voué aux collections : plus d’une quarantaine de pièces (de Bernard Aubertin à Zakanich) parmi lesquelles on distinguera des tableaux de Jean Messagier, Karen Appel ou Chéri Samba, une toile libre de Viallat, une anamorphose d’Alkéma, une pierre modelée de Valérie Du Chêné, la professeure de service, un éclairage signé Lévêque, une sculpture amusante de Wang Du, un jeu optique de F. Morellet, un autoportrait d’Eve et Adèle, un Nu de Madeleine Berkhemer, des œuvres de Julie Robert ou Sarah Vanderlip, autant d’hommes que de femmes et, parmi ces dernières et derniers, Piet Moget, le peintre qui a donné à la ligne d’horizon maritime ses lettres de noblesse, et son épouse Mary Schallenberg, qui excellait dans l’art du portrait (de sa fille Layla notamment). 

Entre le rez-de-chaussée et le fameux étage, on sera surpris d’une installation autour d’une boule à bulles, de dancing, qui se met en marche après qu’un son, lors de la montée vers l’étage, nous a poussés à la recherche mystérieuse des origines. On a également deux artistes en herbe qui jouent les drag-queen dans une vidéo, mêlant ainsi les préoccupations présentes aux expériences du passé. Enfin, les jeux sur la lumière et le son (Aurore Clavier, Alizée Trincat) nous font passer du rez-de-chaussée à l’étage comme on accède à un monde supérieur, car pénétrer ce Lac-là, c’est entrer dans une autre dimension. Festive et amicale. De celles qui nous manquent tant…

BTN

Jusqu’au 30 mai au moins.

Plus d’informations : lac-narbonne.art