On aura au moins deux bonnes raisons d’aller découvrir au Lac l’œuvre attachante du Néerlandais herman de vries (sans majuscules) : d’abord parce qu’elle se révèle en avance sur son temps, ayant mis depuis belle lurette la nature en évidence à force d’emprunts aux singularités des pierres, végétaux, bois ou racines – recueillis directement dans un environnement spécifique et redéployés dans l’espace de manière à en exalter la diversité, la richesse et les enseignements.

De ce point de vue, cette œuvre parle à notre temps soucieux de rétablir un dialogue avec nos antécédants et de vivre en bonne intelligence avec ce qui nous a engendrés et dont nous dépendons. Ensuite parce qu’herman de vries a mis un point d’honneur à explorer le fertile terreau de la région narbonnaise et qu’il a ainsi tenu compte des particularités du lieu qui le reçoit, lui révélant ce que peut-être il n’avait pas perçu de son environnement proche. Son travail peut prendre la forme d’une installation. Ses collages et dessins ou photos de matière première sont alignées le long des murs sans souci de hiérarchie.

Les racines, les terres, le résultat des fouilles se prêtent à la présentation sculpturale. La nature se fait art par le choix que l’on fait de ses spécimens, la manière dont on les présente, la diversité des effets que l’on obtient. De surcroît, cet artiste, de la génération des Klein ou Manzoni que nous vénérons, fêtera son 90ème anniversaire, dans ce contexte amical qui l’accueille. L’occasion pour lui de dialoguer, éventuellement nu, avec les arbres ou de se pencher sur les salins et le sel de la Palme.

BTN

Plus d’informations : lac-narbonne.art