Cette expo devenue estivale et même annuelle sollicite surtout le Maroc, sans doute plus à la pointe que les autres, de par sa proximité, de son passé et son avancée culturelle – mais aussi quelque peu l’Egypte et l’Afrique noire. Cinq thèmes structurent l’espace : l’oralité augmentée, économie et fabulation, archivage d’histoires imaginaires, fiction et mouvements non autorisés, système de désobéissance enfin.

A y regarder de plus près, on s’aperçoit que trois fils conducteurs traversent les œuvres de ces artistes : le corps, les migrations, la mixité possible malgré l’identité. Le corps des ouvriers pour Mustapha Akrim, celui des militaires pour Mohamed Aredjal, celui des anciens soldats de la mémoire coloniale pour Diadji Diop. Zainab Andalibe reproduit au fil de laiton le parcours des migrants, alors qu’Hassan Bourkia réserve tout un espace à sa représentation du camp de Rivesaltes, à quelques encablures de Sérignan. Fatiha Zemouri célèbre les vertus du désert, miniaturisé, qui nous apprend tant sur la condition humaine quand Khalil Nemmaoui, réfléchit sur la notion, ancestrale, de transhumance. Enfin, Mariam Abouzid Souala recourt à la grande peinture, très réaliste, afin de dédramatiser le supposé choc des civilisations, au nom d’un destin commun, tandis que Moataz Nasr se veut observateur des transformations du monde tout en conservant les traditions. De ce point de vue, Simohammed Fettaka se réapproprie les obkets et symboles de la culture marocaine, Hicham Ayouch se lançant de son côté dans une quête de son passé.

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