Regroupé sous le nom de Théâtres humoristiques de Montpellier Métropole (THMM), les lieux de spectacles comiques de l’agglomération montpelliéraine (le Kawa Théâtre, la Comédie du Mas, l’Odéon Montpellier) s’inquiètent après les annonces du Premier ministre, le 28 mai dernier, concernant leur réouverture. Dans un courrier adressé par l’Association des Théâtres privés en région à Edouard Philippe, ils soulignent : « les mesures sanitaires imposées ce jour ne permettent pas d’accueillir le public pour une exploitation viable. » 

Voici la lettre complète :

Communiqué suite aux annonces du Premier Ministre

L’Association des Théâtres Privés en Régions a pris acte de la possibilité de réouverture des théâtres à partir du 2 juin en zone verte. 

Si cette annonce envoie un signal positif, elle ne signifie pas pour autant que nous serons en mesure de concrètement ouvrir nos théâtres. En effet, les mesures sanitaires imposées ce jour ne permettent pas d’accueillir le public pour une exploitation viable. Les distances physiques sur scène et dans la salle ne conduiraient qu’à une offre dégradée ne permettant pas à nos théâtres d’équilibrer leur modèle économique, avec des salles réduites à un tiers et des comédiens se tenant à distance les uns des autres pour des « parodies » de spectacles. 

Nous sommes des acteurs responsables et ne souhaitons pas déclencher un cluster dans nos établissements, nous resterons prudents. 

Il est important de retrouver de la confiance dans toute la société. Le signe envoyé nous indique une possibilité de rouvrir bientôt, mais pas maintenant et dans ces conditions. Nous sommes au travail. 

Par ailleurs, nous jugeons dérangeant que nos théâtres soient considérés comme ouverts par notre public que nous allons décevoir, et par nos fournisseurs et bailleurs qui considéreront peut être que nous sommes à nouveau en mesure d’honorer des paiements.  

Nous appelons le gouvernement à prendre toutes les mesures de sauvegarde de notre secteur en prolongeant la possibilité de recourir au chômage partiel jusqu’à la reprise d’une activité normale. Nous lui demandons de nous donner les moyens de couvrir nos frais fixes jusqu’à la reprise ainsi que les soutiens qui nous permettront de redémarrer l’activité. En effet, sans ressources depuis le 14 mars, il nous faudra répéter et communiquer, donc investir des budgets que nous n’avons plus. 

Des mesures d’aide à l’emploi devront être prises en concertation avec la profession. De nombreuses structures sont aujourd’hui au bord de la faillite, il est nécessaire de ne pas les laisser tomber car elles constituent habituellement un secteur d’animation économique fort sur l’ensemble du territoire. 

L’Association des Théâtres Privés en Régions reste entièrement disponible à la concertation et souhaite porter un élan constructif vers une reprise joyeuse et attendue du spectacle vivant nécessaire au moral de notre pays.