« Le contenu de la pièce a commencé par un cauchemar lorsque j’étais en vacances en Espagne cet été-là. Puis, je me suis souvenu de certaines histoires que mes amis m’avaient racontées (comme l’appartement de vacances nazi). Je me suis aussi souvenu de ce sentiment étrange d’aliénation qui m’attaque parfois pendant les vacances et encore plus fort quand je rentre à la maison. Et j’ai essayé d’emmener le spectateur dans un voyage comme ça », c’est ainsi qu’est née Perplexe, d’après son auteur Marius von Mayenburg.

L’intrigue tourne autour de ce malaise. De retour de vacances dans leur appartement, Robert et Eva, s’aperçoivent de quelques changements : une drôle d’odeur près du canapé, la présence d’une plante inconnue, un problème d’électricité … Arrivent Sébastien et Judith, les amis chargés de s’occuper de l’appartement durant leur absence. Malgré le retour des propriétaires ils continuent à se croire chez eux et chassent Robert et Eva. Perplexe glisse alors vers l’absurde. Une succession de saynètes, souvent incongrues se succèdent, les identités des différents personnages fluctuent. Ils se transforment et courent après un réel qui ne cesse de se distordre. On s’amuse de ces moments grotesques qui se chassent l’un l’autre, qui ouvrent des espaces de réflexion sur la perception du réel, la condition humaine et la dispersion de nos vies.

crédit: Marc Ginot

Nicolas Pichot s’empare de cette comédie cinglante et hilarante, dans laquelle il dirige avec jubilation ses compagnons de L’Astrolabe : Anne-Sophie Leyre, Marc Pastor, Evelyne Torroglosa et Thomas Trigeaud, dans une scénographie de Pierre Heydorff et une création musicale de Tony Bruneau. Attention certaines scènes peuvent gêner certains yeux. La pièce fait escale au théâtre dans les Vignes, siège de la Compagnie Juin 88 de Michèle et Pierre Heydorff, où L’Astrolabe a été accueillie en résidence, avant d’effectuer une tournée.

MCH

 

Le 7 mars, Théâtre dans les vignes, hameau de Cornèze, Couffoulens.