Voilà un spectacle troublant et déroutant. Para que o céu não caia a été vu pendant le festival Montpellier Danse. Programmé au Corum, dans l’Opéra Berlioz fait pour accueillir près de 2000 spectateurs, on a eu la désagréable surprise de devoir monter sur la scène et de rester debout.

Cela partait très mal. En fait de danse, on assistait à une sorte de rituel primitif, les artistes regroupés au fond de la scène, s’enduisaient de terre, avançaient en fixant le spectateur, revenaient en s’inondant d’eau. Ils étaient nus simplement vêtus de cette terre mère, ils semblaient sortis du fin fond de l’Amazonie. Ce n’est pas faux.

Lia Rodrigues s’est inspirée de Davi Kopenawa, shaman du peuple Yanomani, habitant de la forêt. Cette information a de l’importance. Elle rend limpide le travail de cette petite soeur en chorégraphie de Maguy Marin.

On peut comprendre la pièce comme une parabole, le titre français Pour que le ciel ne tombe pas renvoie aux difficultés que rencontrent aujourd’hui les habitants des favela, ils n’ont rien que leurs corps, comme leurs concitoyens d’Amazonie. C’est avec lui qu’ils s’expriment jusqu’à la transe pour crier leur révolte contre ce monde qui les détruit, qui les marginalise.Alors à la réflexion cette performance prend tout son sens et continue de hanter celui qui y a participé. Singulièrement troublant.

MCH

Les 22 et 23 novembre, Le Parvis, Scène Nationale de Tarbes (65).
Tél. 05 62 90 08 55. www.parvis.net

Les 25 au 26 novembre, Théâtre Garonne – 1, rue du Château à Toulouse (31).
Tél. 05 62 48 54 77. www.theatregaronne.com