Mirrorbody présente les oeuvres miroitantes du suédois, originaire de Palestine, Tarik Kiswanson. Ses sculptures géantes et réfléchissantes, polies par l’artiste, nous accueillent en tournant à la manière des derviches tout en se déployant comme pour nous protéger.
À la sortie ce sont trois formes oblongues pouvant passer pour des nids, qui reprennent ces velléités de protection mais en plus féminin, c’est la blancheur d’une page blanche qui domine et la lévitation. De corps, il en est question aussi dans la deuxième pièce, avec cette vidéo où un adolescent chute vers l’arrière au ralenti, ou dans la troisième qui, sans renoncer aux miroirs, en acier poli notamment, recourt à des vêtements scannés comme pour associer tradition et technologie moderne.
Dans l’autre aile, une série de dessins nous font passer du volume et de l’image en mouvement aux petits dessins au fusain, des silhouettes d’enfants un peu fantomatiques et tentant d’ouvrir une improbable fenêtre qui se confond avec la vitre protectrice.

Le corps est donc omniprésent mais aussi la formation, l’éducation si primordiale ainsi que le prouvent deux vidéos de la première aile, l’une vouée à l’oralité l’autre à la calligraphie. L’avant-dernière salle reprend les thèmes des pièces précédentes : les vêtements scannés, sur des supports plus allongés encore, une très belle robe murale qui semble griffée, toujours en acier poli, réfléchissant la réalité de façon fragmentée, une planisphère évidé réduit à une simple forme.

Les difficiles rapports entre l’occident et l’orient n’y sont pas oubliés, de même que la relation, réelle ou métamorphique, de la lumière et de l’opacité, de la tradition et de la modernité.

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