Dans le cadre du projet Terre de Mémoires, porté par le Mémorial du Camp de Rivesaltes, l’exposition itinérante L’exil des chibanis harkis s’installe à la Maison de Ma Région à Nîmes du 19 au 29 avril. À l’occasion de l’inauguration, une lecture d’extraits de témoignages, intitulée Récits d’exil, sera proposée par la comédienne Marie Clavaguera-Pratx.

Cette exposition présente des reproductions de tableaux du peintre Serge Vollin, accompagnés de témoignages de chibanis (de l’arabe maghrébin, signifie vieux) harkis, recueillis par l’historienne Fatima Besnaci-Lancou, qui évoquent la guerre d’Algérie, l’exil et la relégation dans les camps. Elle fait suite à l’exposition temporaire Treize chibanis harkis, présentée au Mémorial du Camp de Rivesaltes, du 30 juin 2020 au 15 août 2021.

Dès la signature des Accords d’Évian, le 18 mars 1962, prévoyant entre autres l’indépendance imminente de l’Algérie, plus d’un demi-million de Français de souche européenne prend la route de l’exil. À partir du 3 juillet 1962, pour fuir les violences à leur encontre, des familles de harkis, françaises d’origine arabo-berbère, quittent à leur tour leur pays natal.  Les harkis sont des anciens supplétifs de l’armée française en Algérie.

Malgré les mesures prises par les autorités françaises pour les maintenir dans l’Algérie indépendante, allant jusqu’à leur retirer leur nationalité française, environ 90 000 personnes (hommes, femmes et enfants) traversent la Méditerranée pour se réfugier en France. Près de la moitié, recueillies par des militaires français, vont transiter par des camps en Algérie, puis en France, où, considérées comme « indésirables », ces familles seront traitées comme « réfugiées » et non comme « rapatriées ».  Elles seront reléguées dans des camps, notamment celui de Rivesaltes, puis dans des hameaux de forestage où elles subiront le dénuement, l’oubli ou l’enfermement.

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