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Nîmes : exposition « Kind of Hygge » au Pamela artist-run space jusqu’au 3 mars, par BTN

11 Fév 2022 | Art & Expos, Arts plastiques, Gard

Alors que l’art contemporain à Nîmes semble quelque peu en berne, excepté Carré d’art et le Cacn, l’association d’artistes Pamela, vient rallumer le flambeau. En l’occurrence, et sous la houlette de Margaux Fontaine (Panacée, Réservoir, galerie Gabrielli…), une intéressante réflexion sur nos habitudes coconnières ou « coocoonières ». 11 artistes d’un peu partout (Occitanie, Marseille, Rennes, Vallauris…) ont ainsi été sollicités qui chacun traite, à sa façon, singulière et originale, des éléments du décor familier. Une exposition à découvrir jusqu’au 3 mars.

Le feu de cheminée est pris en charge par Maxime Sanchez lequel, à son accoutumée, mêle des éléments improbables, du présent ou du passé. Ainsi, d’un tapis contrecollé sur bois avec comme support un escabeau roulant posé contre le mur. Juste à côté, un papier peint imprimé de motifs floraux inlassablement répétés de Jimmy Beauquesne. Le même y a joliment inclus, comme en abyme, une structure métallique supportant des anges en porcelaine et abritant un dessin d’oiseau. Ne vivons-nous pas, dans nos demeures individuelles, comme des oiseaux en cage ?

Lucile Diacono a déposé, dans un coin, deux énormes graines d’un exotique coco-fesse en voie de disparition, le velours apportant certes une certaine mollesse, douillette, à l’ensemble, mais fustigeant aussi sans doute la mode médiatique actuelle des grosses fesses à la callipyge hottentote. Mais ce sont ses tulipiers en faïence, élaborés à Vallauris (cf. Picasso), qui frappent le plus l’attention, posés sur socle et à l’orifice ourlé en émail comme une bouche trop maquillée ou un sexe rutilant. Ce qui ne va pas se nicher dans les petites choses, si l’on y prête bien attention… Les deux vases couleur de chair, au drapé soigné, laissent voir, juste derrière eux, un paysage photographique, panoramique, en diptyque, emprunté à la Chine traditionnelle et focalisant sur un champ de chrysanthèmes, contribution de Mick Backham.

Un bouquet de fleurs fraîches d’Audrey Martin leur fait face, réactivant celui de la photo officielle des accords du Vietnam, non trouvés en définitive. Il faut bien songer à la nourriture, d’où le pot-au-feu peu ragoutant d’Océan Delbès, à base de terre et de graisse industrielle, posé au sol, comme aux temps primitifs. L’aspect décoratif est pris, sur le mur principal, en charge par les gâteaux piégés de Nicolas-Emmanuel Perez, pétris de matériaux divers dont des mégots de cigarettes ou des capsules de bière, style fin de partie. Au sol, (Mon) ex-voto est dans (ma) poche, de Margaux Szymkowicz : des portables en céramique noire, éparpillés et assortis d’une bougie mortuaire qui surgit et s’érige du fond éteint. Une invitation à couper la communication avec l’extérieur et à faire son deuil d’un objet, aujourd’hui indispensable, mais qui sera vite démodé. Enfin, on saluera en sortant, d’un côté le Smiley tissé de Bridget Low, et la série de Vues suspendues, également tissées, de Delphine Dénéréaz, élaborées à partir de matériaux divers en un certain ordre assemblés, et renvoyant à la thématique casanière. Les baguettes de suspension leur donnent un air japonisant. J’allais oublier la vidéo  d’Alisson Schmitt en laquelle l’artiste invite des curistes thermaux à profiter de ses services, et de sa science de soignante-artiste, à grand renfort de mixture, de serviettes, d’explications et de patience. Histoire de parodier les discours lénifiants des gourous de toute confession et les appels au bien-être illusoire ou au bonheur factice, régulièrement promis.

Comme on le voit les jeunes artistes n’hésitent pas à ré-explorer des matériaux que l’on croyait bannis du vocabulaire contemporain : céramique, tapisserie, tissage, tissus, tapis… quand ils ne renouvellent pas notre conception du ready-made ou de l’ex-voto, sans parler du statut de l’artiste. Sur le plan thématique, la démonstration est édifiante : un certain art de vivre est fustigé même s’il faut toujours aborder ses œuvres dans leur dimension ironique et avec le recul, la distanciation, nécessaires. 

BTN

Plus d’informations : facebook.com/pamelaartistrunspace

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