Intimement lié à son parcours de vie, le travail de Gérard Lattier est exposé de janvier à avril au musée d’Art Brut. Monstres, squelettes et suppliciés peuplent ses premières toiles. Plus tard dans sa carrière, il se fait conteur public à travers ses pinceaux et racontent dans ses peintures les croyances et légendes populaires. Un univers à part à découvrir jusqu’au 30 avril. 

Gérard Lattier est né à Nîmes en 1937, dans le Gard, au sud de la France. À l’âge de vingt ans, il refuse de participer à la Guerre d’Algérie et il est condamné à une peine de prison. C’est là qu’il commence à peindre. Son univers pictural témoigne à cette période d’une cruauté hallucinée et figure des « monstres monstrueux », des squelettes, des corps décharnés et suppliciés…En 1965, il fait une dépression, en raison d’une cécité temporaire presque complète. Cette même année, il rencontre Annie ; ils se marient et on un fils l’année suivante.

Gérard Lattier recouvre la vue et se remet à peindre. Il abandonne la peinture à l’huile, l’encre de Chine et l’eau-forte pour la gouache. Il adopte progressivement d’autres thématiques et introduit une dimension narrative plus importante. Il insère alors des textes, souvent humoristiques, puis de plus en plus longs sur les histoires qu’il invente ou illustre, en patois et en français. Il réalise aussi des ex-voto adressés à différents saints et pour diverses circonstances, répondant parfois à des commandes.

Gérard Lattier commence à employer des panneaux de bois couverts de toile marouflée, auxquels il ajoute d’autres panneaux, selon son besoin. Il devient conteur public et dépositaire de croyances populaires, de légendes et de faits divers d’Ardèche et d’ailleurs. Employé.à la mairie de Nîmes comme peintre, il reçoit plusieurs commandes publiques durant les années 1980 et 1990, comme celle sur l’histoire de la bête du Gévaudan.

Après de nombreuses expositions (Etats-Unis, Italie, Suède, Suisse…) qui l’ont consacré, Gérard Lattier ne s’arrête pas ! Il continue à peindre avec acharnement et passion. Ses dernières œuvres (2021) rendent hommage au chanteur Georges Brassens qu’il admire. Aujourd’hui, il vit et travaille sur les garrigues des hauteurs de Nîmes, au Mazet de Poulx.

Plus d’informations : musee-artbrut-montpellier.com