En cette saison hivernale, l’Espace Saint-Ravy accueille l’artiste franco-turque Ayda-Su Nuroglu. Avec Sortilèges, elle propose au public d’entrer dans son univers pour une exposition entre croyance, esthétique et anthropologie. 

Diplômée des Beaux-Arts de Bourges, Ayda-Su Nuroglu s’est ensuite formée aux techniques de l’estampe (taille douce, sérigraphie et collagraphie) aux Ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris pendant 10 ans. Au-delà de sa formation et de sa pratique artistique, elle poursuit avec un Master en Art-Thérapie à la Faculté de Médecine de Tours. Sa pratique est particulièrement axée sur la technique de l’estampe, du cyanotype, du dessin, et de l’artisanat au sens large (broderie, couture…).

Ayda-Su Nuroglu s’est installée sur Montpellier suite à une résidence organisée par la DRAC-Occitanie, réalisée auprès de l’association Les Vendémiaires à Saint-Mathieu-de-Tréviers, lors de laquelle elle a proposé aux habitants de contribuer à la création d’oeuvres textiles autour du cyanotype grâce à une collecte de dentelles et de broderies. Pour son projet à l’Espace Saint-Ravy, l’artiste propose une exposition à mi-chemin entre croyance, esthétique et anthropologie, aspirant ainsi à revisiter les symboles traditionnels et rites qui subsistent dans nos sociétés.

A travers sa démarche, l’artiste tente une exploration des territoires de la mémoire, des histoires intimes et collectives. C’est à travers le « tissage » de savoir-faire ancestraux, de symboles archétypaux, de légendes et de mythes qui nous relient les uns aux autres, et les dons réalisés pour les oeuvres participatives, que l’exposition nous invite in fine à percevoir cette transmission. Les travaux d’Ayda-Su Nuroğlu établissent à première vue un dialogue entre l’Orient et l’Occident, que ce soit par les formes ou les sujets qui affleurent sourdement ses oeuvres. Mais elle n’est pas une « artiste du monde » comme voudrait nous le faire penser son itinéraire personnel et professionnel. Elle est une artiste des mondes, des infra-mondes. Nullement conceptuelles, ses recherches font remonter à la surface du papier des visions envoûtantes et sensuelles enfouies dans des noeuds symboliques, eux-mêmes intériorisés et refoulés par l’individu, constitutifs de son identité profonde.

Les formes opaques, en pointillés, superposées de ses créations entrelacent les civilisations, les genres et les espèces. Ces oeuvres sont sauvages et rétives à tous les récits civilisationnels ; ce que livre Ayda-Su Nuroğlu c’est un paganisme qui saute aux yeux et prend au ventre. Son paganisme fait tomber la pseudo nature des êtres et des relations et rappelle nos illusions et nos pulsions qui vagabondent quelque part entre l’homme et l’animal.

Plus d’informations : montpellier.fr