Dans le cadre de la programmation 2021 de la convention plan objet pour la connaissance, la préservation et la mise en valeur des œuvres dans les églises de la ville signée entre la Ville de Montpellier et la DRAC Occitanie, deux tableaux, Saint-Jean de la Croix en extase devant la croix, attribué à Antoine Ranc (1634-1716) et son atelier vers 1705, et Adoration des Mages œuvre d’un anonyme réalisée fin XVIᵉ – début XVIIᵉ siècles, ont été restaurés durant six mois par l’atelier Amoroso Waldeis installé à Villeneuve-lès-Avignon. Ces deux tableaux, classés au titre des Monuments historiques et propriété de la Ville de Montpellier, ont pris à nouveau place dans l’église Saint-Mathieu.

Saint Jean de la Croix en extase devant la croix attribué à Antoine Ranc (1634-1716) et son atelier, vers 1705

Saint Jean de la Croix (1542-1591), mystique espagnol, réformateur de l’Ordre des Carmes est ici représenté en extase devant la croix tenue par des anges.  Dans la partie inférieure droite de ce tableau d’autel, on aperçoit la façade en construction de l’église du couvent des Carmes-Déchaussés de Montpellier, construite entre 1688 et 1704 (aujourd’hui chapelle de La Providence). Peint vers 1705 pour l’église du couvent des Carmes-Déchaussés, il commémore l’achèvement des travaux. Lorsque l’ancienne église du couvent des Dominicains est érigée en paroisse sous le vocable de Saint-Mathieu au début du XIXᵉ siècle, il y est alors transféré

Adoration des Mages
L’Adoration des Mages, racontée dans l’Évangile selon Matthieu (2, 1-12) est un thème iconographique très populaire. Il est traité ici de manière assez conventionnelle avec les rois chargés de leurs présents guidés par l’étoile qui domine la scène, si ce ne sont les soldats qui les accompagnent avec en arrière-plan un temple en ruines et un ciel menaçant. L’ensemble de l’œuvre était recouvert de deux couches de vernis jaunis et encrassés, rendant la scène sombre et terne. Sa restauration a permis de révéler des armoiries cachées par un repeint, identifiées comme étant celles de la famille Valat (en bas à gauche) et de redonner aux riches étoffes des vêtements des rois mages tout leur éclat. L’auteur de ce tableau est inconnu, mais il pourrait être soit un peintre local influencé par les romanistes flamands comme Frans Floris (1519-1570) ou Martin de Vos (1532-1603) soit un artiste d’origine flamande travaillant dans le Midi de la France vers la fin du XVIᵉ ou au début du XVIIᵉ siècle.

Adoration des Mages