Pour ouvrir sa nouvelle saison artistique, l’Espace Saint-Ravy accueille le peintre Frédéric Plumerand. Pour cette exposition, l’artiste présente près de quarante-cinq toiles, sortes de fenêtres mêlant imaginaire, reflets de vie et sujets d’actualité. Le peintre met principalement en scène des femmes et des enfants qui semblent chercher une ouverture dans un dédale architectural quelque peu surréaliste. Chaque œuvre recèle une atmosphère étrange d’où se dégage une tension qui tient le visiteur en haleine lui donnant envie de parcourir les couloirs et de pousser la porte.

Le public averti ou néophyte pourra au cours de la visite passer tour à tour d’un monde joyeux, burlesque, fellinien voire surréel, à un monde plus étrange où se mêleront territoire du subconscient et territoire domestique et social où la figure féminine et les âges de la vie ont une part belle dans un environnement d’intrigue hitchcockienne. Enfin, une autre partie sera tournée vers l’état du monde, des Ailleurs où l’actualité se fait l’écho des bouleversements de notre univers, pour un jour ou pour l’éternité.

« Je procède en plusieurs étapes : à une vision, issue d’un sentiment, d’une rencontre, d’un fait d’actualité, d’un récit du monde ou du quotidien, succède une minutieuse récolte d’images ou de clichés personnels. J’opère ensuite un travail de sélection entre assemblage et disjonction. Ainsi je me sers des logiciels de retouche et de traitement de photographies numériques qui m’ont accompagné pendant tant d’années. Je joue alors à enchevêtrer ce qui était séparé et décomposer ce qui faisait continuité : comme le changement historique et culturel, les religions ou le prétendu ordre du monde. Mes oeuvres ne sont réalisées sans exprimer une tension entre les dimensions de la vie (sociale, politique, psychologique) et les dimensions des corps et des objets: une perte de gravité, de repères dans l’espace-temps et une confusion entre le dehors et le dedans. Questionner la porosité des frontières est donc mon leitmotiv où se mêlent intériorité (intime) et intérieur (domestique), réel et fantasmagorique. », explique le peintre.

Frédéric Plumerand est né en 1956 à Nevers. Depuis ses 17 ans, âge de son arrivée avec sa famille sur Montpellier, il ne l’a plus quittée. C’est la ville où il découvre la peinture. Il y suit les cours du soir de l’Ecole des Beaux-Arts. Puis son itinéraire le conduit ensuite à l’école Brassart d’Art Graphique de Tours de 1974 à 1978. L’obligation sous-jacente de l’époque le pousse à se professionnaliser. Il trouve alors un compromis, le métier de graphiste-illustrateur. Rétrospectivement, ses vingt-cinq années de profession sont moins une séparation avec la peinture qu’une prise d’élan vers la création ininterrompue.

Les années 2000 sont pour lui un tournant essentiel, où il décide de mettre de côté son poste de graphiste pour se consacrer exclusivement, presque frénétiquement, à la peinture à l’huile. Conjointement, Frédéric Plumerand s’engage auprès d’associations et de collectifs qui accompagnent des personnes dans la précarité comme le Secours Populaire ou la Maison des Chômeurs. Il y propose son soutien en tant que citoyen mais surtout comme artiste. Son univers est en effet perméable à sa sensibilité pour le social, les problématiques actuelles et globales autant que le quotidien des marginalisés. En 2019 l’artiste-peintre réalise une exposition personnelle au Musée Hofer-Bury de Lavérune où il partage un grand nombre de ses travaux.