MCH fait son Cinémed : Chronique N°1

L'amour est un crime parfait, de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu

Chaque année c’est la même angoisse : que choisir ? De 10h à 21h, avec en moyenne deux séances par plage horaire, soit une vingtaine de films par jour, la programmation du Cinémed, riche et très diversifiée, est un casse-tête.

Alors au début on picore à l’instinct. En choisissant Tombé du ciel de Wissam Charaf, film franco libanais de 2016, le retour d’un frère laissé pour mort il y a une dizaine d’années, j’ai découvert une œuvre forte, intense et admirablement interprétée. Je suis passée à côté du dernier Carlos Saura, Beyond Flamenco, présenté à la même heure en avant-première, sans regret, il sortira sous peu sur les écrans.

Isabelle Adjani étant annoncée à la présentation de Carole Matthieu, de Louis-Julien Petit, à 19h à Berlioz, comme tous ses fans, j’ai sagement fait la queue pour voir celle dont les apparitions en public sont rares. Celle qu’on suit depuis Faustine et le bel été, de Nina Companez en 1972, n’a fait qu’une trop brève apparition sur la scène, bien cachée sous une large capeline et des lunettes noires. Et son film sur le harcèlement moral, vu à travers les yeux d’un médecin du travail, qui tente de les réconforter, certes en prise avec les problèmes actuels, n’est pas enthousiasmant.

Carole Mathieu, de Louis-Julien Petit
Carole Mathieu, de Louis-Julien Petit

Journée marathon dimanche 23 octobre qui débute avec L’héritage de Mauro Bolognini, 1976, qui bénéficie d’une distribution éblouissante : Anthony Quinn et Dominique Sanda, resplendissante en amoureuse de l’argent. Bolognini bénéficie d’un hommage appuyé, plusieurs films au programme. Le cinéaste a eu le malheur de créer à l’ombre des géants de l’époque, c’est une belle découverte. Bien qu’il soit loin d’égaler un Visconti.

L’héritage, de Mauro Bolognini
L’héritage, de Mauro Bolognini

Erreur de salle, croyant aller à Einstein voire le film espagnol d’Imanol Uribe, Dias Contados, je me suis retrouvée à Pasteur devant L’amour est un crime parfait des frères Larrieu qui ont droit aussi à un hommage, un polar bien ficelé avec les Alpes enneigées comme décor, et un Mathieu Amalric étincelant en prof obsédé sexuel. Sur ma lancée, toujours à pasteur, là volontairement, j’ai eu un choc devant Vivre et autres fictions de Jo Sol, qui traite de la sexualité des handicapés physiques. Un film avec une grande économie de moyens, qui m’a profondément dérangé et bouleversé pour des raisons strictement personnelles.

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L’amour est un crime parfait, des frères Larrieu

Sergi Lopez, l’invité d’honneur de cette année, comédien de cinéma et de théâtre a présenté une performance à Berlioz 30/40 Livingstone, dont il est l’auteur, le metteur en scène et l’interprète avec son complice Jorge Pico. Le festival renouait ainsi avec une idée de l’ancien directeur Jean-François Bourgeot qui avait à plusieurs reprises invité d’autres arts au festival. La représentation inégale, un rien racoleuse et convenue a paru un peu longue. Mais une belle performance d’acteurs.

Fin de journée en beauté avec Les courts Panorama 1, une merveille. Tous excellents.  Rien lundi, trop de RV hors festival. Mardi évidemment, je me suis offert le court d’Antoine Périniguez, directeur du Diagonal, Un petit service, bon scénario, interprètes excellents et beaucoup d’humour. Un régal. Il précédait Tango libre, de F. Fonteyne. Un film très fort sur le thème de la vie carcérale et de la femme prise entre trois hommes, le fameux Tres para una cher à Victor Hugo. Très libre dans le traitement du sujet, original et sulfureux, belle distribution dominée par Sergi Lopez.

A Pasteur, on reste avec Sergi Lopez dans Pain Noir de Agusti Villaronga, de 2010, un policier pendant la guerre civile espagnole, dans un village où les superstitions païennes et les croyances religieuses interfèrent avec la montée du communisme. On se demande qui est le plus pourri ? La sélection 4 des courts en compétition, très décevante, c’est la première fois que je suis sortie avant la fin. Consolation avec Le mauvais chemin de Mauro Bolognini, 1961, qui sans être un chef d’œuvre bénéficie de la présence de Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale, éblouissants à la tête d’une distribution homogène, remarquablement dirigée.

A suivre….

Marie-Christine Harant

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