Pour la saison estivale, le musée de Lodève accueille une exposition itinérante jusqu’au 22 août. Tisser la nature est, en effet, le fruit d’un travail collectif entre les membres du réseau TRAME(S), qui regroupe cinq établissements muséaux du Massif Central.

 Ce projet commun met en avant la représentation du végétal dans l’art tissé, et parcourt six siècles d’histoire de la tapisserie, du XVème siècle au XXIème siècle. Un voyage à travers le temps qui permet d’observer les correspondances stylistiques et techniques sans que la chronologie s’impose dans le parcours. Les accrochages privilégient les rapports de thèmes, de tons et de compositions ou bien s’appuient sur des ruptures volontaires quant aux regards portés sur la nature.

Pour cette exposition, plus de 60 tapisseries et tapis ont été sélectionnés dont la moitié provient de musées du réseau TRAME(S). Autre point commun entre les tapisseries : qu’elles soient anciennes ou modernes, nombreuses sont celles qui ont été tissées dans des ateliers d’Aubusson.

À Lodève, le musée ne possède pas de tapisserie dans ses collections, cependant son lien avec l’art du tissage est très étroit, de par sa proximité avec la Manufacture nationale de tapis de la Savonnerie. Depuis 1964, l’unique annexe de cette grande institution est installée à Lodève. Le parcours présenté au musée permet de découvrir 20 tapisseries et un tapis. Toutes les époques sont représentées, du XVIème siècle au XXIème siècle. Des tapisseries du XVIème siècle répondent à des tapisseries qui ont été achevées il y a quelques années seulement. Une emphase particulière est mise sur le XXème siècle et XXième siècle (12 tapisseries et 1 tapis). Le visiteur peut ainsi observer comment la tapisserie contemporaine s’inspire des techniques et des thèmes anciens. Seul tapis de l’exposition, La grande feuille, d’Étienne Hajdu, a été tissé dans l’atelier de la Savonnerie de Lodève et répond à deux tapisseries du même artiste. Parmi les tapisseries remarquables de l’exposition, Les Bergers, fait probablement partie d’une série pastorale armoriée à mille-fleurs très en vogue auprès de la noblesse française.

Sur un fond bleu semé de plantes fleuries et d’oiseaux, se détachent, à droite, un berger et, à gauche, une bergère agenouillée accompagnée de deux brebis. Au centre, un pêcher, symbole d’admiration et de dévouement, porte des fruits et un écru écartelé d’or et d’azur. Les espèces représentées, parmi lesquelles ont reconnaît jonquilles, œillets, coucous, ancolies, myosotis (amour sincère), phlox (entente et complicité), semblent renchérir le message des refrains moraux qui figurent près des protagonistes.

Autre pièce importante de cette exposition, L’Ecole buissonnière de Dom Robert, qui privilégie la pratique du dessin de la nature. D’ailleurs, Tisser la nature est également présentée au musée Dom Robert de Sorèze, dans le Tarn, n’hésitez pas à aller découvrir une autre partie de l’exposition !

Plus d’informations sur : museedelodeve.fr