« L’homme hors de lui » de Valère Novarina au CDN Théâtre des 13 vents jusqu’au 14 décembre.

L’homme hors de lui n’est pas qu’un homme en colère. Il est aussi un homme à l’extérieur de lui. Dans une autre dimension. Celle du rêve, de l’imaginaire, de l’enfant, et de la foi.Comme si toutes les petites voix qui habitent en nous se mettaient à parler.

Comme le clochard qui hurle à nos têtes, à tue-tête, nous criant à la gueule qu’il n’est rien de plus humain que la folie. Qu’elle n’est autre que le symptôme de la conscience, de la liberté, de la vie.

A la manière d’un Boris Vian écumant les raisons de s’attacher à nos jours, Valère Novarina nous montre qu’on peut perdre les pédales sans perdre la boule.Monologue de la solitude, c’est le silence qui se met à parler, désordonné. Et il va droit au but.

Les phrases de Novarina terminent par des poings, nous tuant à coup de virgules, et de respirations. Grâce au talent virtuose de Dominique Pinon, la partition phonétique, d’un Novarina qui n’écrit pas des mots mais des sons, est interprétée à la perfection. Nous sommes bien là devant l’acteur anéanti, celui du Théâtre des paroles. Qui n’est pas rentré par la porte, mais qui est passé sous le mur. Compte de faits surréaliste racontant l’innocence enfantine d’un vieillard humanisant les choses… Ne sommes-nous pas là devant l’essence même du Surréalisme, devant un rêve à la monsieur Dali ? Dans un rêve oui, où ce qui est représenté n’est jamais présenté…

Écriture toute en symboles et en néologismes reprenant des structures de prière. Musique à laquelle on aurait enlevé le sens afin qu’il ne reste que la foi.Langage absurde de la foi car les mots ne sont rien face à leur mélodie. Comme un idée, subliminale, que pour commencer à croire il faut arrêter de savoir. Que seuls les sons sont sensés, et que l’oreille n’en est que le miroir…Miroir à sons qui fait sens.

Alors bienvenus à ces obsèques de la compréhension, à cette autopsie de la réalité. A la déconstruction de la géométrie du langage courant, du langage parlé. A cette aventure phonétique sensiblement insensée. Il suffit de se laisser faire, se laisser aller. A la manière d’un Robert Charlebois dans Lindberg, qui tricote des ceintures fléchées farcies… Et toujours sa Sophie qui venait de partir…Et c’est gagné.
NC

Au Théâtre des 13 vents à Montpellier. Tél : 04 67 99 25 00 – reservation@13vents.fr www.13vents.fr

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