C’est à un voyage dans le temps entre le Canada et la France que nous invite le musée Fabre jusqu’au 3 janvier 2021. Exposition itinérante passée par la Kunsthalle der Hypo-Kulturstifung de Munich à l’été 2019, puis par la Fondation de l’Hermitage à Lausanne au printemps dernier, c’est désormais à Montpellier que fait escale Le Canada et l’impressionnisme – Nouveaux horizons.

Organisée par le musée des Beaux-Arts d’Ottawa, au Canada, cette exposition retrace le parcours des premiers artistes canadiens à avoir suivi les traces artistiques des impressionnistes français. Venus apprendre leurs techniques en France, ils repartirent ensuite chez eux pour appliquer les gestes et les couleurs aux paysages emblématiques du Canada. En tout, ce sont près de 36 artistes qui sont réunis à travers les différentes salles et thèmes de l’exposition.

A la découverte des grands maîtres français

Décomposées en 11 salles, Le Canada et l’impressionnisme permet de comprendre et découvrir l’impressionnisme à travers d’autres paysages, d’autres couleurs que celles que l’on retrouve dans les tableaux des maîtres français. L’itinéraire suivi par le visiteur à travers les salles de l’exposition reprend celui emprunté il y a plus d’un siècle par les premiers peintres canadiens venus en France pour apprendre auprès des plus grands artistes de leur époque.

En préambule, l’exposition nous plonge, à travers des extraits d’archives filmées, dans le Paris de la fin du XIXe siècle, celui qu’ont découvert les artistes canadiens. Ensuite, le parcours mène le visiteur à travers les travaux des premiers peintres que sont Brymner et Bruce. Ce dernier, de plus en plus attiré par la peinture de paysage fonde une colonie d’artistes avec lesquels il part pour Giverny, où vit Monet. Là son style évolue, la touche devient plus lâche, les couleurs plus vives, il capture la lumière et les vibrations et devient alors le premier Canadien à peindre dans le style impressionniste.

La naissance du Canada comme nation artistique

Un style qu’il perfectionnera ainsi que d’autres de ses compatriotes artistes en travaillant les thèmes favoris de l’impressionnisme : la campagne, les loisirs de bord de mer mais aussi l’enfance et les thèmes féminins. Mais, s’ils s’inspirent des mêmes sujets, les Canadiens apportent déjà leur touche personnelle. On reconnaîtra par exemple d’un coup d’oeil le Bubble boy de Paul Peel ou bien les tableaux représentant la Nouvelle Femme, figure féminine émancipée dans une époque où on lutte pour l’émancipation des femmes. Parmi ces artistes pionniers on retiendra les noms de Maurice Cullen, Helen Mcnicoll, Maura Muntz Loyall ou encore H. Mabel May.

Si certains d’entre eux restent finalement en Europe, la majorité des artistes canadiens rentrent chez eux après avoir achevé leur formation. De retour au Canada, ils formeront une seconde génération de peintres canadiens et appliqueront les préceptes de l’impressionnisme aux paysages de leurs origines. Ils adaptent alors les couleurs, la lumière aux paysages et aux saisons canadiennes, notamment l’automne et ses couleurs flamboyantes et l’hiver et sa neige étincelante. Autre sujet abordé, la vie urbaine dans un pays en pleine urbanisation, où les villes prennent de plus en plus d’importance. Dans les années 1910 émergent plusieurs artistes qui cherchent à moderniser cette peinture venue d’Europe : le Groupe des Sept est né et avec lui l’affirmation du Canada comme une nation artistique à part entière.

Plus d’informations : museefabre.montpellier3m.fr

Crédit photo : Clarence Gagnon, Le train en hiver (détail), v. 1913-1914, huile sur toile, 56×71. Collection Donald R. Sobey, photo MBAC.