« Un instant »

Marcel Proust résonne dans l’amphithéâtre d’O

Dans cette production du théâtre Gérard Philippe, Centre Dramatique National de Saint Denis, deux comédiens évoquent la vitesse du temps, qui brûle, et de son enjeu.

Dès le premier regard, Hélène Patarot nous émeut aux larmes… « Avec le temps va, tout s’en va… », Léo Ferret donne le ton. Et avec Camille de la Guillonière, ils vont évoquer leur histoire, mélanger, citer Proust dans Proust, au son d’une partition à la guitare de Jérémy Péret.

En rythme, comme une boite à musique, au diapason d’un train qui traverse l’histoire d’une vie.

Le temps, qui fuit.

Les accents, migrants, ponctuant le récit d’une vie en l’observant…

Un instant de vie tout en vérité.

Celui qui manque et qui marque, au fer rouge, à jamais.

Et parce que la mémoire est un livre écrit à l’encre éphémère, c’est aux sens, à tous les sens, qu’il faut faire appel pour activer le souvenir.

Dans la douceur légère d’un récit sensoriel qui aborde le thème de la relation inachevée (toutes les relations humaines ne le sont-elles pas ?), Jean Bellorini nous prouve que la plus belle des chose en ce monde est de savoir écouter l’autre. Qu’on ne peut pardonner ni demander pardon à un fantôme. Que c’est en mettant du désordre à nos souvenirs rangés, à ces moments entassés dans le passé, que l’on peut mettre de l’ordre dans son cœur.

A travers le constat tragique et merveilleux que la perte n’est que l’oubli, seule la mémoire devient vie éternelle…

Le temps perdu est celui passé à ne pas dire je t’aime, à ne pas s’émerveiller, à ne pas dire merci. Car il nous plonge dans la solitude de l’aiguille, enfermée dans le cadran, qui à peine une compagnie croisée doit faire ses adieux pour continuer, pour avancer.

La vie dure un instant, elle n’est qu’un ricochet.

Et si l’on ne remonte pas la boite à musique, la boite à musique va s’arrêter.

NC

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