9 juin : On passera sous silence la grande déception de ce festival, Les palmiers sauvages et son utilisation abusive et brutale du noir à lumière, des sons agressifs, des gesticulations désordonnées des comédiens dans un décor de brocante et de boites de conserves. On nous dit que Séverine Chavrier sera la grande metteur en scène dans un futur proche. L’avenir le confirmera ou l’infirmera. En revanche ses copines, Clara Bédouin et Jade Herbulot à qui l’on doit La saga des Trois Mousquetaires**** nous ont convaincu à travers ces trois premières saisons. En effet, on nous l’a promis, on retrouvera d’Artagnan, Portos, Athos et Armais, dans les prochains épisodes de cette série endiablée, qu’on a quitté à la fin du bal de l’Hôtel de ville. On n’est pas prêts d’oublier la manif pour demander la démission de Tréville, les apparitions de Louis XIII avec sa couronne de laurier ou elle de la reine la tête ceinte de fleurs des champs. On a un petit faible pour Maxime Le Gac-Olanié, d’Artagnan juvénile et bondissant. On le croit lorsqu’il part à la reconquête des précieux ferrets pour l’amour de sa reine et de Constance Bonacieux. Mais tous ses comparses nous ont séduit par leur engagement, leur énergie, leur aisance de passer d’un rôle à un autre comme Grégoire Lagrange, à la fois Bonacieux, Louis XIII ou animateur d’une émission télé. Chaque épisode contient au moins une scène anachronique inattendue et truculente. Excellent théâtre de tréteau, populaire, intelligent et drôle. On en redemande. Merci Dumas, merci au collectif 49701.

11 juin : Autre spectacle très attendu, autre merveille, Macbettu*****, pour lequel on sort pour la première fois une cinquième étoile. Rien à jeter dans cette adaptation irrespectueusement respectueuse du chef-d’œuvre de Shakespeare, Macbeth. Respectueuse car le texte d’Alessandro Serra, retient à la lettre la trame du drame. Rien n’y manque, ni les sorcières, ni les héros, ni la forêt qui avance, ni la montée en puissance du tyran, ni l’interprétation uniquement par des hommes dans la plus pure tradition du théâtre élisabethain. Irrespectueuse, quoique, car jouée en sarde, transposée pendant les carnavals de Barbarian, avec des éléments scéniques transformables à vue en mur, en tables, en forêt. Les trois sorcières barbues, vêtues à la manière des paysannes sardes, déboulent su scène en basculant par-dessus le mur. Saisissant. On est immédiatement dans le bain. Serra est également metteur en scène, décorateur, créateur des costumes et des lumières. Ceci peut expliquer aussi la réussite de ce spectacle :  sa cohérence, la symbiose totale entre tous les composants, la direction d’acteurs découle de cette harmonie. Des comédiens généreux, aussi à l’aise dans leurs frusques de sorcières que dans celui des personnages principaux. Et oh merveille, pas de vidéo, pas de cinéma, comme quoi, on peut faire de l’excellent théâtre avec sa seule grammaire. Il est vrai que le thème de Macbeth est éternel, la soif du pouvoir et ses dérives et qu’il supporte toutes les transpositions, en japonais avec Kurosawa ou à cheval comme on l’a vu   autrefois au Printemps des comédiens. Ce que cela apporte à la pièce ? Rien si ce n’est de confirmer qu’elle résiste au temps, et c’est déjà énorme.

Prochaines dates de Macbettu en région : 16 novembre à Sète

Prochains spectacles au Printemps des Comédiens :  4X10, jusqu’au 23 juin ; Bodas de Sangre, jusqu’au 17 juin ; Humans, 18 et 19 juin ; Fête de la musique, 21 juin. Domaine d’O, Entrée Nord, 178 rue de la Carriérasse. Tél. 04 67 63 66 67. www.printempsdescomediens.com

Marie-Christine Harant

A suivre