Dès le 1er  juin il a bien fallu descendre sur terre dans l’Amphi d’O. Terabak de Kyiv*** proposé par une troupe d’artistes ukrainiens est un spectacle de cabaret bien enlevé Tout d’abord grâce aux Dakh Daughters des musiciennes chanteuses complétement déjantées. Il faut voir la batteuse se déchainer sur ses instruments Un vrai bonheur. Voilà pour l’aspect concert de ce cabaret Les numéros d’acrobatie ne manquent pas d’intérêt, avec quelques prouesses comme celles de Benoît Charpe, spécialiste des chutes en tous genres, les figures au mat chinois de Julieta. Le numéro de magie de Yann Frisch, également Monsieur Loyal, s’étirent un peu trop. De même les installations, cassent parfois le rythme. Mis en scène par Stéphane Ricordel, un ancien des Arts Sauts, une référence en matière de cirque, l’ensemble se laisse voir et le public se laisse entrainer à la fin par ces artistes généreux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes. Retrouvez Terabak de Kyiv cet automne au Parvis de Tarbes, du 7 au 9 décembre.

ANGELUS_NOVUS

Angélus Novus © Marie Clauzade

2 juin. J’ai quitté le cadre enchanteur et les effluves de fleurs de tilleul du Domaine d’O pour aller au théâtre de Grammont dans sa roseraie, voir Angélus Novus**. D’accord Sylvain Creuzevault annonçait la couleur. Il s’agissait d’un anti-Faust. Autrefois grâce au pacte avec le diable Faust pouvait devenir tout ce qu’il n’était pas. Aujourd’hui « nous le renversons puisque le Capital Faustien nous somme de ne rester que ce que nous sommes ». En clair le Capitalisme nous empêche de réaliser nos rêves. Les héros principaux sont bien là : Marguerite, la mère infanticide, Faust protéiforme, Méphisto, Valentin On est prêt à tout gober par amour du théâtre, mais par amour du théâtre on a envie d’autre chose que ce que nous voyons sur scène. Nous rappeler de manière aussi insistante aussi directe que l’actualité n’est pas réjouissante, que le Capitalisme n’est pas la panacée, on le sait. Nous assener un discours électoral d’un homme de gauche, n’apporte rien de nouveau. De plus les artistes semblent écrasés par le décor envahissant et par l’abus d’images, projetées mal maitrisées. Malgré le jeu des comédiens, comme pas mal de spectateurs, j’ai eu envie de fuir à l’entracte. En pensant, le pauvre mythe de Faust, Goethe et Gounod ne méritaient pas ça. Et je me suis ravisée. Bien m’en a pris car la fin sauve cet Angélus Novus du naufrage. Le mythe revient sous la forme d’un cabaret opéra et le tableau final montre un ange enlevant l’âme de Marguerite au sein des cieux ! Ouf les mythes résistent !

MCH, à suivre