Jin Bo expose au Volodia du 22 novembre au 22 janvier

« Brumes »

Né en 1978 à Hohhot, province de Mongolie Intérieure en Chine, Jin Bo est diplômé de l’institut des Beaux-Arts de Tianjin. Il poursuit son cursus, en France,  par une formation en Histoire de l’Art à l’Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand, puis obtient une Maîtrise en Arts Plastiques de l’université Le Mirail à Toulouse. Aujourd’hui installé en Haute Garonne, Jin Bo expose dans de nombreuses galeries en France et en Europe. Pour son premier accrochage à Montpellier, le Volodia est fier de présenter son travail et vous propose une rétrospective à travers des œuvres réalisées sur dix ans, entre 2007 et 2017.

L’illusion Graphique
– “Ceci n’est pas une pipe”, disait M. Magritte en désignant sa propre représentation de celle-ci.
– ”Mais si monsieur Magritte… Enfin ?
Evidemment que c’est une pipe !”
– “Et bien… Fumez-la…”

Magritte a prouvé que la représentation n’est qu’illusion. Voit-on ce qu’on veut ? Veut-on ce qu’on voit ? Jin Bo, lui, nous fait comprendre que la vision elle même est illusoire. C’est l’illusion graphique. Il capture l’image, synthétise le mouvement. A l’inverse des codes de l’ordre photographique, s’appliquant à éliminer le “bruit” qui parasite la mise au point, son travail consiste à mettre au défi la précision du regard. Nous éloignant du contour, il repousse les  limites visuelles jusqu’à perception de l’imprécis. Si notre œil parvient à une vision nette, c’est parce qu’un message neurologique l’invite à se concentrer sur le sujet ciblé. Ici, nargué par sa cible, notre cerveau reçoit l’ordre de ne plus dissocier le sujet de son contexte. Comme si l’on enlevait, en plein milieu du film, les lunettes rouges et bleues d’une projection en 3D. On est alors forcé d’apprécier l’horizon dans son ensemble. Il n’y a plus de ciel, plus d’humain. Il ne s’agit plus de voir… Il est temps de ressentir avec les yeux.

En chemin vers l’abstraction

Au fil des années, le style de Jin Bo devient de moins en moins figuratif. On assiste ici à un travail de déconstruction. Faire abstraction consiste à faire appel à l’oubli volontaire. Mais l’oubli n’est pas l’ignorance. Il faut savoir pour oublier. Tracer pour effacer. L’abstraction n’est pas vacuité. L’intérêt de cette exposition est de mettre en avant le travail de synthèse par lequel l’artiste doit passer avant d’être capable de représenter sans artifice le cœur de son propos. Une labeur à la hauteur du maître laqueur japonais qui ponce son travail entre chacune des quatre vingt couches de résine qui donneront la brillance parfaite à sa patine. Gommer le superflu. Trouver la juste mesure. Ne garder que l’élixir. Traverser les frontières visuelles pour concentrer l’émotion. Restreindre. Réduire à l’essentiel, l’indispensable, le noyau. Maintenir en haleine par le silence graphique. Les  champs de couleurs de Mark Rothko ne sont pas de simples tâches… Et il ne manque aucune note dans les partitions de Claude Debussy… La quintessence, à mes yeux, est le fruit d’un talent vertigineux… Celui de l’expression muette qui en un seul regard résume, raconte, et émeut. NC

Du 22/11/17 au 22/01/18 au Volodia à Montpellier. Vernissage mercredi 22 novembre dès 18h30.
Le Volodia Restaurant, 29, rue Jean Jacques Rousseau à Montpellier. Tél : 04 99 61 09 17
www.volodiarestaurant.com

 

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