La Montpelliéraine Margot Lherbet sort son premier roman aux éditions des Presses Littéraires. Nous avons rencontré la jeune auteur de vingt-trois ans qui nous parle de Sahel, une histoire onirique qui tire son origine d’un processus d’écriture singulier.

Comment l’écriture est venue à toi ?

Dès le collège, mais c’était plus des textes ou des idées sans forcément qu’il y ait de projet derrière. Puis je me suis dirigée vers la médecine et durant mes insomnies j’ai commencé à écrire des poèmes pour m’amuser avec les assonances, les rimes… L’année dernière j’ai voulu tenter d’écrire une nouvelle qui petit à petit s’est transformée en roman. Et c’est comme ça que j’ai écrit Sahel.

Ça se voit que tu as commencé par le poème, à la fois dans l’écriture que dans l’histoire. Il y a quelque chose de très poétique et onirique, un peu comme dans un film de Miyazaki. Quelles sont tes influences ?

Adolescente je lisais beaucoup de romans fantasy, avant de connaître une rupture avec la lecture durant mes études. Je ne lisais plus rien. C’est grâce à l’écriture que je m’y suis remise, en me rendant compte que ce que j’aimais c’était les choses très métaphoriques. J’ai commencé par lire Le désert de Le Clézio, j’y ai trouvé pas mal de résonance, avec ce rapport aux grands espaces, le fait que ce soit un enfant qui mène une quête… C’est vraiment le fait d’écrire une histoire onirique qui m’a fait découvrir un terrain de jeu qui me plaisait.

On dit en général que le premier roman d’un auteur est très autobiographique. Dans Sahel est-ce qu’il y a une part personnelle cachée ?

Je pense que j’avais fait l’exérèse de tout ce qui est autobiographique quand j’écrivais des choses très personnelles ado. Donc j’avais passé cette phase.

Comment s’est passé ton processus d’écriture ?

C’était assez simple. Vu qu’à la base ça devait être une nouvelle, je n’avais pas prévu de trame. Puis j’ai vraiment eu une routine : je révisais mes partiels le matin, je partais marcher en réfléchissant à la suite de mon histoire, puis le soir j’écrivais. Bien sûr quand je l’ai fini j’ai tout repris depuis le début pour avoir une cohérence d’ensemble.

Une fois avoir terminé ton écriture, il fallait l’envoyer aux éditeurs…

Au départ je ne voulais pas le publier. C’est ma petite sœur qui l’a lu et qui m’a poussé à le faire. Je ne connaissais pas du tout le monde littéraire, donc j’ai regardé les éditeurs sur Internet en lisant leurs lignes éditoriales. J’ai vu que Les Presses Littéraires aimaient publier des auteurs de la région, mais qu’au niveau des thèmes il y avait un éventail assez large. Je suis tombé sur le bon éditeur au bon moment.

Tu as eu des bons retours ?

J’ai eu des retours, tous très bons. C’est vraiment quelque chose de gratifiant. On m’a demandé s’il y avait une suite, donc ça m’a donné envie de la faire. J’ai vécu à Barcelone et il y a là-bas une communauté française soudée. Malheureusement il y a eu le covid, donc je n’ai pas eu beaucoup l’opportunité de rencontrer les lecteurs dans les salons ou librairies.

Qu’est ce que tu peux nous dire sur la suite de Sahel ?

Ce n’est pas vraiment la suite mais plutôt ce qu’il se passe avant. Il y a deux trois mystères qui restent en suspens dans Sahel et c’est en racontant les origines qu’ils pourront être levés. Ce prochain livre va me permettre de boucler cet univers pour m’aventurer dans un nouveau genre.

Sahel de Margot Lherbet – Les Presses Littéraires :

Sahel appartient au peuple de l’air, celui de ces hommes et femmes qui vivent dans le village perché en haut de la falaise, là où viennent mourir les vents. Là où ceux-ci, dans leur dernier souffle, leur racontent des histoires qu’ils écoutent et retranscrivent pour qu’au fil des générations, la mémoire du vent perdure. Les villageois espèrent qu’entre ces lignes, ils découvriront l’origine des vents… et celle des Hommes.

Mais Sahel est différent, du haut de ses sept ans, il possède une sagesse qui promet de bouleverser le monde. Pourtant, quand les anciens du village sentent une ombre dans les profondeurs de son être, ils sont pris d’une immense crainte, le condamnant à fuir.

C’est alors que débute sa quête, celle des réponses aux questions que l’on a arrêté de se poser dans le village, parce que seuls les vents et leurs récits importent. Son périple l’amènera à découvrir sa propre histoire, et jusqu’à réécrire celle des Hommes.