Shirley Bousquet est une comédienne qui s’est fait connaitre sur le petit et le grand écran. Elle débute dans Sous le soleil, puis poursuit avec Caméra Café avant d’incarner Laetitia dans Un si grand soleil. Passionnée d’écriture, elle s’est essayée avec réussite à l’écriture du film A 2 heures de Paris.

La comédienne a accepté de répondre à nos questions à propos de sa carrière, de ses projets et des conséquences de la crise sanitaire sur le cinéma et les séries télé.

Comment avez-vous vécu le confinement ?

Je devais partir tourner à Montpellier au tout début du confinement. Quand on est habitué à bouger ce n’est pas évident, on est rapidement déstabilisé. Il faut un temps d’adaptation, mais une fois que j’ai lâché prise, ça s’est plutôt bien passé.

La période que nous vivons va-t-elle impacter la façon de construire les films et  les séries sur le court, moyen et long terme ?

Pendant le confinement j’étais en période d’écriture de mon prochain film, donc je pouvais travailler chez moi sans aucun souci. J’avoue que je ne me suis pas posée de question sur le nombre de personnes qui apparaissent dans les scènes. En tant que scénariste je ne peux pas penser à ça, même si pendant un temps nous allons certainement avoir de nouvelles manières de tourner, jouer sur les axes de caméra… J’ai envie d’être positive et j’espère quand dans maximum deux/trois ans on pourra tourner comme avant. Mais au-delà de notre métier, j’espère que cette crise va enclencher une phase de réflexion sur nos façons de vivre. Quand on voit que la planète respirait mieux pendant le confinement, il faut qu’on se pose les bonnes questions.

Le Président Emmanuel Macron a demandé aux artistes de se « réinventer ». Quelles formes cette réinvention peut prendre ?

Nous sommes déjà dans un milieu où l’on essaie tout le temps de se réinventer. Nous n’avons pas attendu le confinement pour ça. J’ai entendu qu’on demande aux comédiens de faire des spectacles dans les écoles… C’est un peu réducteur, un intermittent ce n’est pas ça. Déjà que le statut n’est pas évident, la vie d’intermittent est faite de haut et de bas. Je suis très inquiète pour mes amis du théâtre qui font leurs heures grâce au Festival d’Avignon chaque année. Heureusement qu’il y a eu cette mesure d’année blanche pour les intermittents. C’est super, ça va permettre à beaucoup de pouvoir s’organiser dans une période compliquée.

Vous avez commencé en tant que comédienne, vous voilà scénariste. Comment l’écriture est venue à vous ?

J’ai commencé à écrire dans l’émission de Stéphane Bern 20h10 pétante avec Florence Foresti. Il arrivait que les invités changeaient à la dernière minute et il fallait réécrire. C’est Florence qui m’a donné cette impulsion. Petit à petit on prend confiance et je me suis lancé dans le scénario de A 2 heures de Paris. Au départ ça devait être une série, on avait fait le pilote, mais les chaînes de télévision pensaient que le public ne serait pas prêt pour se genre d’histoire, que c’était un film plus adapté pour le cinéma. Nous avons donc réécrit l’histoire en film.

Vous pensez qu’il y a plus de liberté au cinéma qu’à la télévision ? 

Oui c’est certain, même si aujourd’hui on tend vers un équilibre. Lorsqu’on s’est lancé dans l’aventure de A 2 heures de Paris, c’était il y a 10 ans ! En une décennie, les personnages ont beaucoup évolué. Il n’y a plus de héros, mais plus des antihéros, des personnages avec des faiblesses, comme Dr House. C’est surement lié à Internet et à l’ouverture d’esprit. Au fur et à mesure des années, la société a évolué dans le bon sens avec le mariage pour tous, ou encore l’émancipation de la femme. Le changement des mentalités se retrouve au cinéma et à la télévision.

 

Quels sont vos projets ? 

J’ai ce film en écriture avec Pascal Serieis. Je trouve cette période d’écriture très excitante. Parfois on se couche sans idée, et on se réveille au milieu de la nuit avec une pensée originale. La réalisation ce serait intéressant, mais c’est un métier, il faut avoir le sens du cadre, du rythme avec la caméra… C’est plutôt la mise en scène qui me conviendrait mieux. Avoir plusieurs cordes à mon arc me permet de gérer les périodes moins fastes. Travailler sur un film de son écriture jusqu’à la fin du tournage, c’est quelque chose de très enrichissant et une grande fierté.

TL