La Maison des arts a toujours soigné ses expos d’été. En cette année un peu spéciale, il fallait un artiste qui marque les esprits, et ce sera le Toulousain Lionel Sabatté, connu pour sa redéfinition de la sculpture animalière (voire végétale). A voir jusqu’au 30 août. 

En fait, Sabatté est bien dans l’esprit d’un temps qui s’interroge sur les manipulations génétiques ou sur les hybridations. En témoignent les œuvres qui occuperont les cinq salles d’exposition, qu’il s’agisse de peintures sur papier, de volumes un peu particulier ou de reliefs muraux.

D’abord cette drôle de série qui se situe entre le poussin et les œufs au plat où l’artiste joue, à plat justement, les alchimistes à partir d’une base acrylique étendue grâce à un gobelet puis rehaussée jusqu’à atteindre la forme approximative du jeune volatile. La question de l’origine est habilement suggérée, et tragiquement détournée, l’animal s’avérant le produit d’une opération créatrice qui triture la matière et lui offre des nuances colorées du plus étrange effet. Il semble flotter dans l’espace.

Des anguilles, des chimères ou encore des oiseaux

Les anguilles relèvent d’un procédé similaire à ce détail près que leur forme est plus allongée que tachiste et qu’elles renvoient par association d’idées aux étangs tout proches. La solution provient d’un produit coutumier des antiquaires, le bouchon tenant lieu d’outil. L’animal semble figé entre deux eaux : la réalité et sa transposition sur le plan de la feuille.

Au mur, Sabatté fixe des chimères de rouille et poussière, toujours inspirées de l’apparence longiligne du poisson local. Il s’agit d’une tige de métal prenant la fine forme que l‘on désire et modelée au ciment où viennent se prendre des ré- sidus qui finissent par lui attribuer sa configuration définitive.

Enfin, des oiseaux de poussière peuplent l’espace de leur silhouette fantomatique, chacun ayant son identité singulière et anthropomorphe. Comme on le voit, Sabatté met l’accent sur l’expérimentation de matériaux inattendus à même de surprendre, d’émouvoir, peut-être même d’inquiéter. Et on l’espère d’emporter l’adhésion.

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