Egypte, premières impressions au musée Champollion de Figeac

© Collection particulière G. Fournier

Moins de six mois après que François Arago ait rendu publique l’invention de Daguerre, en 1839, les pionniers photographes partent à la découverte de cet Orient tant fantasmé, ils se dirigent tout naturellement vers l’Égypte afin d’y recueillir les preuves irréfutables que procure ce moyen de reproduire, enfin « le strict reflet de la réalité ». Curieux de vérifier la véracité des dessins de Vivant Denon et les descriptions des travaux et des découvertes de Champollion. Qui furent ces photographes qui entreprirent le voyage et, pour certains, s’installèrent définitivement en Égypte ? Ne les voir qu’en simples aventuriers serait réduire injustement leur valeur et leurs qualités. De Félix Teynard à Théodule Devéria, en passant par Maxime Du Camp, les frères Zanki ou encore W. Hammer Schmidt, ils mirent tous leurs compétences et leur talent au service du patrimoine photographique.

L’exposition, Égypte, premières impressions, retrace à travers des clichés des années 1850-1880 et des objets issus des fouilles archéologiques de cette même période, les parcours de ces pionniers et leurs regards sur les plus beaux sites de l’Égypte antique. Parallèlement au sein du musée, Sténo Stone, présente la sténographie, cette fameuse écriture abrégée élaborée et perfectionnée rationnellement – en France, à partir de la révolution.

À ce titre, elle est une exemplaire manifestation de modernité. Dans les années 1980/90 l’informatique stoppe son emploi, enraye son essor et son succès prodigieux, au point que son usage est aujourd’hui fantomatique. Steno Stone est le titre, en forme d’anagramme, d’un livre de Michel Danton et de l’exposition. Il s’agit du témoignage d’un artiste depuis longtemps tourné vers l’écriture (mais comme source de peinture) qui trouve puis adopte ce réseau fonctionnel de signes en désuétude – dont il n’est pas et ne veut pas être lecteur. Les travaux sur papier, exposés, inspirés par ce matériau désaffecté, d’abord en noir et blanc puis en couleurs mais aussi quelques peintures de plus grand format nous offrent la métamorphose singulière d’une «écriture» qui fut familière à beaucoup.

MCH

Du 21 juin au 29 septembre, Annexe du musée Champollion et musée de Figeac.
Tél. 05 65 50 31 08. www.musee-champollion.fr

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