Le ministre de la culture Franck Riester l’avait décidé, les festivals à petite jauge pourraient avoir lieu cet été malgré le Covid. Jean-Marie Besset l’en remerciait avec sincérité en ouverture de Nava, Nouveaux auteurs dans la vallée de l’Aude, un festival de théâtre qu’il a créé.  Le théâtre pouvait être célébré.

Cette année les comédiens retrouvaient le cadre exceptionnel de l’abbaye d’Alet-les-Bains. Des ruines majestueuses, en pierres ocres, dignes d’Ephèse. Maxime d’Aboville y jouait Je ne suis pas Michel Bouquet. Une forme d’hommage, au plus grand comédien vivant du XXème siècle. Un cri d’amour pour le théâtre. L’acteur iconique s’était confié à Charles Berling.

L’adaptation de Maxime d’Aboville retrace non sans humour les étapes clés de la carrière de l’artiste. Ce qu’il ne doit pas au père absent, ce qu’il doit à la mère-père qui lui a donné la passion du théâtre. La douloureuse période de l’occupation et la rencontre décisive avec Maurice Escande qui lui déclare : « Vous avez une bonne voix, vous avez une bonne diction ».  Et puis Camus qui lui confie un rôle dans Caligula, face à Gérard Philip.

Des anecdotes savoureuses dévoilent un Michel Bouquet allergique à la conduite et à la natation. Un moment franchement drôle. Le monstre sacré se livre tout simplement, humain, fragile, avec ses doutes, et sa foi inflexible en une religion : le théâtre. Le théâtre et comment jouer, loin des modes. Modeste aussi : « je ne suis rien ». 

Maxime d’Aboville ne cherche pas à être Michel Bouquet, il ne prend pas sa voix, ni sa gestuelle, son débit et ses intonations rappellent d’avantage Michel Serrault. Il est juste passeur de testament en quelque sorte avec finesse et délicatesse.  Dans la nuit étoilée rodait l’ombre du maître, finalement sa voix off répondait à l’élève : « Vous avez une bonne voix, vous avez une bonne diction ».  Magique, tout simplement magique.

MCH

Prochains spectacles au Château de Landry, Limoux : 29 juillet, Mister Paul, Les Limouxins# 1, de et avec Jean-Marie Besset, mise en scène Agathe Alexis ; 30 juillet, L’effort d’être spectxateur, de et avec Pierre Notte ; 31 juillet, Odette libre, Les Limouxins #2, de Jean-Marie Besset, mise en scène Agathe Alexis, avec Fernanda Barth ; 1e août, Marie des poules, de Gérard Savoisien, mise en scène Arnaud Denis, avec Béatrice Agenin.

Plus d’informations : festival-nava.com