Conférence-rencontre “Heinrich Hoffmann, un photographe témoin ou acteur de l’histoire” le mercredi 12 septembre à l’auditorium du Musée Fabre à Montpellier

Dans le cadre des expositions « Un dictateur en images » et « Regards sur les ghettos » à voir actuellement et jusqu’au 23 septembre au Pavillon Populaire, la Ville de Montpellier organise une conférence-rencontre intitulée « Heinrich Hoffmann, un photographe témoin ou acteur de l’histoire ? » avec Alain Sayag, commissaire des expositions, mercredi 12 septembre à 20h à l’auditorium du musée Fabre.

L’exposition “un dictateur en images. photographies de heinrich hoffmann”
Avec le soutien du Mémorial de la Shoah

Heinrich Hoffmann (1885-1957) est un photographe allemand dont la carrière s’est déroulée essentiellement sous le IIIe Reich. Il fit partie du cercle très réduit des familiers du Führer. Comment cet homme, qui n’a occupé aucun poste officiel, a-t-il pu jouer à travers son activité de photographe un rôle de premier plan dans la propagande du régime nazi ? En quoi les photographies de Hoffmann et ses mises en scène de Hitler ont-elles été des outils essentiels de l’idéologie nazie ? C’est tout l’enjeu de l’exposition, “Un dictateur en images. Photographies de Heinrich Hoffmann” que de montrer comment, aux mains des responsables du Troisième Reich, la photographie est devenue pour la première fois, un outil majeur de propagande. Exposer les stratagèmes, démonter les techniques de manipulation des images et mettre à jour la distance entre le fait brut et ce que le photographe du dictateur veut montrer, telle est l’ambition de cette exposition.

Dans le contexte bien particulier de l’Allemagne de 1922 à 1945, l’image du Führer n’est jamais une représentation du monde réel mais une présentation codifiée de celui-ci. Car quelle que soit la place que l’on donne, dans l’histoire, au personnage d’Adolf Hitler, son image est au centre du régime nazi. Et ces traits délibérément “statufiés”, ce sont les photographies de Heinrich Hoffmann qui les ont figés dès les premières années du parcours politique de celui qui n’était alors qu’un tribun de brasseries et qui allait incarner, “sous les yeux de la Déesse Histoire”, le destin de l’Allemagne.

Examiner ce corpus bien particulier nous contraint à une certaine neutralité, mais est-ce possible face à une figure historique qui incarne le mal absolu ? Cela dit, c’est l’ennui qui est ici le danger principal. L’ennui face à ces milliers d’images de facture plutôt médiocre de défilés, de réceptions, de foules, de remises de décorations ou de réunions d’Etat-Major. Ennui qui masque l’essentiel qui, lui, n’est ni représenté ni représentable, et que Hoffmann se garde bien de photographier. C’est pourtant bien ces images qu’il faut analyser attentivement. Celles qui ont fait d’un bohème raté, d’un déclassé qui mène à Vienne avant la Première Guerre mondiale une existence obscure et famélique, l’homme qui décide en 1933 de la politique mondiale et devient l’objet de la fascination de tout un peuple.
Hoffmann se veut en quelque sorte transparent par rapport à “l’objet” qu’il photographie, il n’est, dit-il, qu'”un outil” entre les mains du tribun. Ultérieurement, ce sera, bien sûr, une stratégie pour s’exonérer de toute responsabilité, mais cela ne doit pas masquer le fait que le maître d’oeuvre n’est pas le photographe mais plutôt le photographié.

Les photographies d’Heinrich Hoffmann ne relèvent donc pas d’une recherche esthétique. Les images sont sans style, d’une banale médiocrité. Leur finalité n’est pas esthétique, elles visent à obtenir l’adhésion du “peuple” par un matraquage massif et continu, dans le cadre d’une propagande qui, pour ses auteurs, “doit devenir une foi, afin que l’on ne distingue plus ce qui est du ressort de l’imagination et ce qui est la réalité”.

INFORMATIONS PRATIQUES : Auditorium du Musée Fabre 39 boulevard Bonne Nouvelle – Montpellier. Entrée libre, sans réservation.

 

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