En invitant ces collectionneurs marseillais, Carré d’art se montre soucieux de faire découvrir au public des œuvres rarement exhibées, à même d’instruire un public toujours curieux de comprendre d’où vient l’art qu’on lui propose. Et aussi de saisir la cohérence d’une collection, ses lignes de force et son rapport aux problèmes d’une époque. Avec Joseph Kosuth, On Kawara ou Lawrence Weiner, on fait table rase, et l’on se situe résolument dans une démarche conceptuelle, qui aura marqué toute une génération. Avec Douglas Gordon, Pierre Bismuth, Antoni Mutandas et ses jeux de lumière sur concept, on se rapproche des années 2000, et des générations actuelles, auxquelles n’est pas insensible notre couple de psychiatres amateurs d’art : pensons à Dora Garcia et sa relecture dorée de l’œuvre de Pérec, ou Natalie Czech rendant hommage à Nekrasov.

L’expo s’intitule « Du verbe à la communication », ce qui signifie que les œuvres exposées sont travailées par le langage et ses signes (que Kendell Geers s’ingénie à malmener), et les outils de transmission en général, lesquels permettent de faire avancer la culture commune, qui nous ouvre sur l’avenir. Quelques vidéos d’Absalon et Pierre Huyghe notamment, viennent compléter l’ensemble. Question Collection de Carré d’art proprement dite, on assiste à un grand chambardement. Apparaissent des œuvres pour la plupart acquises lors des dernières expos monographiques : la nîmoise Suzanne Lafont, Stan Douglas, Jean-Luc Moulène, Walid Raad, Ugo Rondinone, Yto Barrada, et un jeune nîmois (enfin un !) Sylvain Fraysse, naguère exposé sur le mur Foster. Enfin, l’incontournable Sophie Calle (à demi-régionale) qui nous invite à voir la mer, et de grands artistes tel l’anglais Barry Flanagan, S.Polke, ou notre Viallat national, mais également nîmois (Encore et toujours un !). BTN

Du 2 février au 18 juin au Carré d’art à Nîmes. Tel : 04 66 76 35 70 www.carreartmusee.com.