L’exposition Ugo Schiavi. Gargareôn– « gargareôn », racine grecque du mot gorge, renvoie aux gargouilles dont l’artiste a utilisé les formes – met en scène une vingtaine d’œuvres au cœur de l’ancien Grand Prieuré des chevaliers de Malte. Un accrochage temporaire à découvrir jusqu’au 15 mai au musée Réattu. 

Le Rhône qui coule à ses pieds en est le fil rouge. Voie de transport et de communication majeure depuis l’Antiquité, le fleuve charrie autant de légendes (comme la Tarasque ou le Drac, son alter-ego arlésien, censé vivre sous le Grand Prieuré) et de trésors archéologiques, que de pollution, de limon et de déchets, qui dérivent parfois jusqu’en Méditerranée. Soumis à la force des éléments naturels et largement exploité par l’Homme, le Rhône est un lieu en perpétuelle mutation, où nature et culture se mélangent.

L’exposition pensée par Ugo Schiavi pour Arles se situe dans cet entre-deux. À la croisée de la sculpture classique et de l’installation contemporaine, ses œuvres, empreintes de l’esthétique de la ruine, semblant s’employer à fabriquer de nouveaux vestiges, à fixer dans la matière les traces de la vie contemporaine tout en faisant résonner le passé de la ville. Se présentant sous la forme de fragments de corps réels ou fictifs, érodés par le temps et transformés par l’environnement, elles sont obtenues à partir de moulages, d’assemblages, d’agglomérats.

Le parcours crée une expérience puissamment immersive, qui se prolonge par la diffusion d’un film en images de synthèse, Main-Stream-Memory, co-réalisé avec l’artiste Jonathan Pêpe, qui nous emporte à la rencontre d’une Arles imaginaire, nous plonge dans des eaux constellées de vestiges archéologiques et de monuments soudainement engloutis…

Plus d’informations : museereattu.arles.fr