Agora des Savoirs, le 3e cycle interrogera les sciences humaines et la culture scientifique

Rendez-vous incontournable des passionnés de la science et de la connaissance, l’Agora des Savoirs a terminé son 2e cycle de conférences le 31 janvier 2018. Après avoir abordé la thématique “Des hommes, des dieux, des robots”, le 3e cycle de conférences de l’Agora des Savoirs posera une série de questions autour desquelles viendront discuter les auteurs des meilleurs essais de sciences humaines et de culture scientifique récemment parus.

Alors que Montpellier se prépare à accueillir cet été le grand colloque international Evolution 2018, l’Agora des Savoirs consacrera deux de ses prochaines soirées à ce thème et annoncera ainsi cet événement mondial. Plus que jamais, l’Agora des Savoirs accompagnera la vie intellectuelle et culturelle montpelliéraine puisque Carmen sera également à l’honneur le 21 mars prochain, entre deux représentations de l’opéra Bizet données à l’Opéra Comédie.

 

Au programme de ce troisième cycle, six conférences :
1. Mercredi 7 février 2018, Jean Deutsch “La méduse qui fait de l’oeil : et autres merveilles de l’évolution “
(Livre paru aux éditions du Seuil).

Jean Deutsch propose de revenir sur les merveilles de l’évolution biologique, dont il est l’un des spécialistes réputés, par l’angle original de la vision. L’incroyable inventivité de la nature est illustrée par la variété des yeux dont sont dotés des animaux aussi différents que les méduses, les caméléons, la mouche, la coquille Saint-Jacques, le poulpe et bien d’autres. Darwin lui-même s’étonnait que le simple mécanisme de l’évolution ait pu conduire à des dispositifs de vision aussi différents et aussi complexes. Mais les connaissances biologiques les plus récentes éclairent l’apparition de tant de solutions au même problème : comment voir ?
Cette synthèse sur une question capitale de la théorie de l’évolution est sans équivalent et répond aux attentes des lecteurs intéressés par les subtils aspects conceptuels de cette théorie, comme à ceux que ravissent les curiosités du monde vivant.
Jean Deutsch est professeur émérite à l’université Pierre et Marie Curie (Paris 6). il a enseigné la génétique et la zoologie et a développé la discipline nouvelle de génétique du développement comparée ou “évo-dévo”, qui vise à intégrer la biologie du développement et la pensée évolutive. Il a déjà publié au Seuil “Le ver qui prenait l’escargot comme taxi”, “Le Gène : un concept en évolution” et “Le corbeau qui tenait en son bec un outil”. Le congrès international Evolution Montpellier 2018 aura lieu au Corum du 19 au 22 août 2018.

2. Mercredi 14 février 2018, Samuel Alizon “C’est grave Dr Darwin ? : l’évolution, les microbes et nous “
(Livre paru aux éditions du Seuil).

Comment de nouvelles maladies infectieuses apparaissent-elles et évoluent-elles ? Pourquoi certains antibiotiques cessent-ils d’être efficaces ? Les changements des modes de vie et les politiques de santé publique affectent-ils l’évolution des agents pathogènes ? Et dans quelle mesure l’espèce humaine est-elle façonnée par ses maladies ?
La médecine évolutionniste permet d’éclairer ces questions. De fait, les micro-organismes offrent l’un des exemples les plus remarquables d’évolution rapide. Le virus du sida, survenu voici environ un siècle, a connu cinq fois plus de générations que l’homme moderne depuis son apparition il y a cent mille ans. La lutte est donc déséquilibrée, d’autant que nous sommes des milliards mais que les microbes sont des milliards de milliards. Les années 1980 ont sonné le glas de l’optimisme sanitaire avec la pandémie de sida et la généralisation des résistances aux antibiotiques. Depuis, ne cessent d’émerger des maladies infectieuses nouvelles (SRAS, grippe aviaire, ebola…) ou anciennes mais maintenant résistantes (tuberculose). En comprenant leur origine, on peut espérer les maîtriser et imaginer des traitements originaux. Mais la théorie de l’évolution parviendra-t-elle à influencer la pensée médicale ?
Samuel Alizon est directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l’évolution et de l’écologie des maladies infectieuses. Il développe des modèles mathématiques et statistiques pour mieux comprendre (et prédire) la propagation et la virulence des maladies.
Le congrès international Evolution 2018 aura lieu au Corum du 19 au 22 août 2018.

3. Mercredi 7 mars 2018, Marie-Christine Maurel et Michel Cassé “Xénobiologie, xénovie : astrophysique, chimie, biologie”
(Livre paru aux éditions Odile Jacob).

Quand un astrophysicien rencontre une spécialiste de la biologie de synthèse, ils se racontent les origines de l’Univers et de la vie. La “xénobiologie” est l’étude, toute récente, des formes de vie créées par la biologie de synthèse. Car des molécules étranges sortent aujourd’hui des laboratoires – ADN artificiels, acides aminés transmutés – dont émergeront peut-être des créatures inédites, comme cela s’est produit il y a 3 milliards d’années sur notre planète. Les scientifiques rejouent désormais le scénario de l’histoire de la vie, et toutes les variations leur sont permises. L’autre biologie qu’ils explorent pose crûment la question du naturel et de l’artificiel. La xénobiologie expose les premiers résultats d’une recherche qui dévoile des formes de vie radicalement nouvelles, dont l’évolution est absolument imprévisible.
Cette rencontre aux origines de la vie remet en question notre conception du vivant : et si nous n’étions qu’une forme de vie parmi beaucoup d’autres ? Voilà qui jetterait les bases d’une surprenante “xénophilosophie”…
Marie-Christine Maurel est professeure de biologie cellulaire et moléculaire à l’Université Paris Pierre et Marie Curie et au Museum d’Histoire Naturelle. Spécialiste des origines de la vie et de “l’archéologie moléculaire”, elle a publié de nombreux articles et livres dans ce domaine.
Michel Cassé est astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et à l’Institut d’Astrophysique de Paris (CNRS). Il est l’auteur de nombreux ouvrages qui s’intéressent  aux relations entre l’homme et l’univers, notamment “Du vide et de la création” (Odile Jacob, 1993), “Petite étoile” (Odile Jacob, 1999), “Du vide et de l’éternité” (Odile Jacob, 2014). Il est également écrivain et poète.

4. Mercredi 14 mars 2018, dans le cadre de la semaine du cerveau, Francis Eustache “Ma mémoire et les autres”
(Livre paru aux éditions Le Pommier).

De quoi parle-t-on lorsque l’on évoque la mémoire ? Longtemps, pour les scientifiques ou les philosophes, il s’agissait de la mémoire individuelle. A l’inverse, les historiens et les sociologues appréhendaient la mémoire collective. Aujourd’hui, ce clivage est dépassé : l’homme est (re)devenu un être social, complexe. Il n’est plus possible d’étudier la mémoire sans prendre en compte son évolution, ses pathologies, à petite et à grande échelle.
Dans notre monde hyperconnecté, où des “événements-monde” bouleversent les devenirs individuels, une réflexion pluridisciplinaire s’impose. Les neurosciences et la médecine croisent ici la philosophie, la science informatique et l’histoire, pour mettre en lumière toute la complexité de nos mémoires – individuelle, collective et partagée.
Neuropsychologue, Francis Eustache est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études dont il dirige le laboratoire à l’université Paris 5 – René Descartes. Il dirige l’équipe INSERM Neuropsychologie cognitive et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine à l’université de Caen.

5. Mercredi 21 mars 2018, Sophie Rabau “Carmen, pour changer : variations sur une nouvelle de Prosper Mérimée”
(Livre paru aux éditions Anacharsis).

Sous le couteau de Don José, Carmen meurt. Elle est morte des centaines, des milliers, des millions de fois, autant de fois qu’il y eût de lecteurs pour poser leurs yeux sur l’oeuvre de Mérimée. Emporté par sa passion, comme ensorcelé par la vénéneuse gitane, Don José n’avait guère de choix. Il fallait la tuer, ne serait-ce que pour obéir à l’injonction tragique. Et ainsi magnifier, sinon fonder l’un des mythes les plus vivaces de notre modernité, celui de la femme fatale. Il fallait donc que Carmen meure afin que naisse le mythe.
Avec une vitalité débordante, Sophie Rabau se refuse à la mort de Carmen. Elle entreprend de relire la nouvelle pour lui appliquer avec méthode le principe de la variante. Varier Carmen, c’est aller aux tréfonds du texte y chercher des flexions, des infléchissements suggérés dans l’oeuvre originale et laissés pourtant inexploités. Sophie Rabau, avec l’humour qu’on lui connaît, entreprend donc de sauver Carmen dans un exercice de lirécriture enthousiasmant grâce auquel l’héroïne tragique devient une femme vivante, et bien vivante, et qui mérite de le rester. Ce sont alors des centaines de Carmens déviées qui dansent, chantent, aiment et rient, insolentes et toujours sauvées : superbement vivantes. Alors pourquoi fallait-il la tuer ? La figure de la femme fatale se trouve ici dynamitée, et, le mythe mis à nu, on en mesure en fin de compte toute la bêtise, et peut-être aussi le sordide : une femme qui vit serait une souffrance pour l’homme qui aime ? Une femme n’existe que par l’homme qui l’aime ? Carmen déviée prouve que non.
Sophie Rabau est enseignante-chercheuse en littérature générale et comparée à l’Université de Paris III – Sorbonne Nouvelle. Théoricienne de la littérature, elle s’intéresse à l’invention théorique et critique. Elle est également membre du comité de rédaction de la revue “Vacarme” où elle publie régulièrement des textes théoriques et/ou littéraires. Elle a notamment publié “L’intertextualité” (Flammarion, 2003) et “B. comme Homère : l’invention de Victor B” (Anacharsis, 2016).
L’Opéra Carmen de Georges Bizet sera donné à Montpellier les 16, 18, 20 et 22 mars 2018 dans une nouvelle production de l’Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie.

6. Mercredi 28 mars 2018, Barbara Demeneix “Cocktail toxique. Comment les perturbateurs endocriniens empoisonnent notre cerveau ?
(Livre paru aux éditions Odile Jacob)
Tous les jours, notre organisme absorbe et emmagasine une quantité croissante de polluants chimiques provenant de notre environnement. Ces produits toxiques ont des conséquences néfastes sur notre cerveau et sur celui de nos enfants dès leur conception.
Pesticides, plastifiants, désinfectants, retardateurs de flamme, agents tensio-actifs, filtres UV : ces polluants omniprésents contribuent non seulement à la multiplication alarmante des troubles neurologiques et des difficultés d’apprentissage, mais ils pourraient bien, dans un futur plus ou moins proche, être à l’origine d’une baisse globale des performances cognitives chez l’être humain – une première dans l’histoire de l’humanité.
Quelles mesures concrètes prendre, pour aujourd’hui et pour demain, afin que nous tous, adultes, enfants, petits-enfants, nous puissions rester intelligents et en bonne santé ?
Barbara Demeneix est biologiste et professeur au Museum national d’histoire naturelle de Paris. Internationalement reconnue pour ses travaux en endocrinologie sur l’hormone thyroïdienne et les perturbateurs endocriniens, elle est à l’origine d’une technologie originale et innovante permettant l’identification de polluants environnementaux.

Informations pratiques
Les conférences de l’Agora des Savoirs se déroulent tous les mercredis soirs (hors période de vacances scolaires), de 20h à 22h, du 4 octobre 2017 au 16 mai 2018, au Centre Rabelais. Les conférences sont gratuites dans la limite des places disponibles. Centre Rabelais
29 boulevard Sarrail, Esplanade Charles-de-Gaulle, Montpellier
Pour suivre l’Agora des Savoirs en direct ou réécouter les conférences, consulter :
Youtube : Agora des Savoirs
Divergence FM : 93.9 FM

montpellier.frmontpellier3m.fr

 

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