Juste avant d’entrer dans la Chapelle du Quartier-Haut, au pied du mont St-Clair, j’ai lu une inscription comme on n’en voit que trop, par les temps qui courent : « On veut des tests, on vous déteste ». Ainsi le mal-être se trouve-t-il des boucs émissaires (devinez de quelle communauté, au bout du compte ?) et opte-t-il résolument pour la haine comme seule arme de combat ou d’expression. Il me semble que nous avons connu, naguère, d’autres valeurs, d’autres espérances et surtout les vertus de l’enthousiasme. Dans ce climat délétère et déprimant qui caractérise notre époque, replacer l’amour au centre de la création nous fait un bien intense et montre que les artistes ne s’en laissent pas nécessairement conter, savent transcender ce qui les préoccupe pour en faire une action positive comme l’est une œuvre d’art.

Je suis ainsi rentré dans les Journées de l’amour afin d’y respirer un air à la fois plus pur ce qui n’exclut pas, loin s’en faut, les délices de la sensualité. Je n’en donnerai pour preuve que les obsessionnels « Je t’aime », scandés depuis plus de quarante-cinq ans par une Titi Parant qui maîtrise de mieux en mieux son sujet et les matériaux pauvres dont elle se sert (placo-plâtre, cire à cacheter, bois de tonneau…) dans ses épais tableaux muraux.

Christy Puertolas, toute à son origine du monde, cheville ouvrière de la manifestation, se faufile de sa calligraphie abstraite, entre de multiples variations sur le même thème : les nus callipyges de Christophe Cosentino tout en intimisme feutré, les aquarelles maritimes et phrases d’amour en laine de la toute jeune Anne Kache, la femme paysage de Christine Aspar, les drôles de petits personnages de Fabesco, ou les poèmes en couleur au crayon de Pierre Tilman. Maxime Lhermet occupe le chœur de ses deux cœurs géants, faits d’objets de récupération passés à la patine du chrome.

Toutefois ce sont les sept robes peintes par Robert Combas pour sa femme Geneviève (à qui il consacre une émouvante toile), à l’occasion de leur, mariage qui retiennent essentiellement l’attention, notamment quand elles sont accompagnées de boules blanches de Jean-Luc Parant. Le couple est ainsi mis en valeur, sans tabous ni pudibonderie. Le talent des artistes fait le reste.

Louis Jammes est également présent pour célébrer, tout en couleurs, le mariage de François Boisrond, un autre pilier de la figuration libre. On a également les titres (sans titres) du graffeur nommé Dépose, les collages digigraphiques de la belge dénommée Madame et les sexes au crochet de Stéphanie Lobry. Enfin la facétieuse Vanessa Notley, avec l’humour anglais qui la caractérise, propose un indiscret, meuble à trois fau- teuils en acier peint en rouge, percé d’aphorismes. De quoi entamer un dialogue intime avec l’autre dans un es- prit de bienveillance qui nous manque tant actuellement.

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