« L’eau à la bouche » au Musée d’Art Moderne de Collioure : expo virtuelle par BTN

Depuis quelques jours, de nombreuses structures culturelles ont dû fermer leurs portes. Pourtant, elles avaient travaillé sur des expositions de grande qualité. BTN vous propose une visite virtuelle de ces lieux en vous partageant ses textes qui pourront vous rapprocher au plus près de ces expositions.

L’eau à la bouche, Musée d’Art Moderne de Collioure

Un humoriste disait récemment que Collioure, où il venait de s’installer, était le plus beau village de France et qu’il y souhaitait y finir ses jours. C’est dire le charme de ce petit port catalan réputé naguère pour ses anchois et pour ses peintres. On dit que le fauvisme est né dans les parages en la présence de Matisse et Derain au tout début du siècle.

Le MAM a pris place en l’ancienne villa Pams, dans un très joli jardin à terrasses, sur une colline qui domine la mer. Depuis son origine, la collection s’est agrandie et compte 1400 pièces dont quelques-unes sont présentées afin de nous mettre l’eau à la bouche, titre de la présente expo. On y retrouve ainsi les gloires du passé et qui ont sublimé ce village de pêcheurs à une époque où il n’était pas la proie des touristes et vacanciers, au tout début du XXème siècle et de la modernité. Ils y ont trouvé une qualité de lumière, une expression vibratoire des couleurs, une géométrisation simplifiée de la forme, qui nous émerveillent encore aujourd’hui.

Mais on y trouve également des maîtres moins connus que Matisse et Derain, tel cet Henri de Maistre, davantage tourné vers la spiritualité, ou, plus tard Léopold Survage, exubérant de mouvements dans un esprit néo-cubiste réputé pourtant très intellectuel. Sans doute le passage par Collioure lui inspirait-il la joie de vivre et la merveille de la mobilité corporelle. On pourrait ajouter Augustin Hannicote et sa vision d’une plage animée d’activités ancestrales et marines dans une gigantesque aquarelle sur kraft. On a l’impression d’y être. Quelques autres : Antoine Martinez, François Bernardi, ses pêcheurs, et Ernest Pignon, si décrié à l’époque où la peinture figurative n’était plus en odeur de sainteté. C’est le thème de la mer, pour ce qu’elle représente de richesses d’activité, de communion d’une ville avec son environnement et ses habitants, et aussi parce qu’elle est une source inépuisable d’inspiration pour les peintres. Souvenons-nous des vers du poète : Elle est retrouvée. Quoi ? – L’éternité. C’est la mer allée Avec le soleil. Mais le musée de Collioure, qui a régulièrement exposé des artistes de qualité (Gauthier…), et créé des ateliers de résidences (Khodja…), c’est aussi un art plus actuel (les toiles sans châssis aux motifs répétitifs de Viallat, le géométrique Georges Ayats) voire carrément contemporain (les portraits photographiques d’Aurore Valade, qui met un sacré désordre explosif dans des intérieurs d’habitants ; la bouée reflétée par des verres emplis d’eau salé dans l’installation d’Amandine Artaud). En passant par des visions originales de cette perle roussillonnaise : les barques et baigneuses de Julien Descossy, les vignes, environnantes, aériennes de Patrick Jude, Tina Gillen qui mêle habilement peinture et photographie, Beatriz Garrigo, également céramiste, dont l’affiche est une réelle réussite, et enfin les animaux marins, en radios découpées ou des lianes et grillage, de Francesca Caruana.

Une plongée donc dans un patrimoine qui mérite largement le détour.

BTN

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