Interview de Jérome Fricker (les Presses Littéraires) : « Le livre reste vivant. »

Jérôme Fricker est un passionné. DJ, Créateur des revues l.art et Scarabée magazine, il fonde les éditions Les Presses Littéraires en 1998 à Saint-Estève. Un temps photographe, il garde une tendresse particulière pour cet art et souhaite aider les jeunes artistes qui n’ont pas d’autres visibilités que les réseaux sociaux en les publiant. Un jeune éditeur passionné par l’art, par le livre, et qui a compris les rouages de l’édition 2.0.

En quoi consiste le métier d’éditeur ? Il existe certainement plusieurs formules selon la personnalité. Quel est ta méthode ?

Notre métier (à l’inverse de quelques escrocs sur Internet) consiste à lancer sur le marché des ouvrages (roman, polar, livre d’art…) C’est souvent un coup de poker. Des fois ça marche, des fois non, mais c’est l’éditeur qui prend le risque, pas l’auteur. Nous sommes là pour l’aider, et pas le voler. Je reçois environ 100 tapuscrits par mois. La tâche est rude car nous nous limitons à cinq nouveautés par mois. Il faut faire des choix en fonction de la qualité des textes.

Vous disiez publier des livres aux genres très différents comme le roman, le polar, le livre jeunesse, le livre d’art… Ici c’est le dernier qui nous intéresse. Vous avez publié des livres photos, comment procédez-vous pour la réalisation de ces ouvrages ?

Pour les livres de photos, c’est un monde à part. Beaucoup de photographes s’éditent eux-mêmes mais en toute petite quantité et sans avoir la visibilité qu’une maison d’édition peut offrir. Pour notre collection « photos d’artistes », je privilégie ma propre recherche de nouveaux talents via le web et les réseaux sociaux. Il y a en France bien trop d’artistes, de photographes qui restent dans l’ombre des grands noms. Je m’efforce de leur donner une chance en les éditant. Le livre de Mathilde Biron est un bon exemple. Je l’ai trouvé sur Internet, puis après discussion elle a signé son premier contrat d’édition. Depuis, elle travaille dans la photo pour des hôtels parisiens, des entreprises, des mannequins, des acteurs… Son carnet de commandes est plein.

Vous avez également publié le catalogue d’exposition de Norman Reedus, l’un des acteurs principaux de la série The Walking Dead qui est également photographe !

Oui ce fut une belle histoire. Appelé par Hannibal Volkoff, un photographe que j’édite et qui gère une galerie d’art, j’apprends que Norman Reedus va exposer ses photos à Paris. Je propose de publier son catalogue d’expo. C’est un petit livret avec ses photos personnelles et celles de la série. Il n’est plus diffusé depuis, c’est devenu un objet collector ! Il l’a diffusé sur son compte Instagram et a obtenu plus de 165 000 likes à ce jour !

Pourquoi c’est important pour un éditeur d’expliquer et de montrer des œuvres d’artistes à travers le livre ?

Le livre reste une valeur sure, à l’inverse du numérique où beaucoup de choses s’effacent au fur et à mesure du temps, mais le livre reste vivant. Je dis toujours qu’un livre doit avoir une odeur, une âme. Voir même des défauts. Il est et restera noble comme objet d’art. Certains artistes le personnalisent, comme rehausser la couverture ou simplement le dédicacer.

Recueilli par Thibault Loucheux.

Site des Presses Littéraires.

 

 

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