Dans la journée pour les habitants de Montpellier ou l’espace d’un week-end pour les Toulousains, l’exposition Turner et la couleur à l’Hôtel Caumont d’Aix-en-Provence vaut le déplacement. Un bel hommage au peintre anglais précurseur de bien des courants de la peinture européenne.

Très jeune, ce fils de barbier né en 1775 à Londres, révèle ses talents artistiques. Il voue une passion presque exclusive aux paysages de cette Grande-Bretagne dont il remplit des carnets au fusain ou au crayon. Ce qui le passionne c’est la lumière qui transforme son environnement au fil de la journée. De mémoire, il reproduit les effets dans son altier, sur ses tableaux à l’huile ou à l’aquarelle.

Autodidacte, il est influencé par Poussin, Titien, Canaletto, dont il se détache vite. A travers les 133 œuvres, des aquarelles en majorité, certaines prêtées exceptionnellement par la Tate Gallery, on suit la quête de Turner jusqu’à sa mort en en 1851.

Un des derniers tableaux, une vue de Venise se profilant dans les premières lueurs du jour, restée inachevé en fait un précurseur évidant des impressionnistes. Il traque les nouveaux pigments pour enrichir sa palette dès leur arrivée sur le marché. Ses fonds le plus souvent ivoire, blanc ou très clairs tournent le dos à la tradition. C’est eux qui donnent aux tableaux cette luminosité, cette transparence. Départ pour le bal ou Matin glacial appartiennent à ce types d’œuvres à dominante ocre jaune. Le Déluge, plus tourmenté, avec des bleus d’acier, rend l’atmosphère apocalyptique de la scène. Le canal de Chichester, peint lors de son séjour à Petworth House, chez son ami George Wyndham, contient tous les éléments chers à l’artiste : l’eau, les bateaux, la campagne, les arrières plans bâtis, et les premiers plans avec des personnages en action. Une composition typique de l’œuvre.

Bien qu’il ait beaucoup voyagé en Italie et France en particulier, bien qu’il apprécie les nuances et la richesse des couleurs de ces pays, Turner reste toujours fidèle à Margate qui d’après lui possède « les plus beaux ciels d’Europe » et qu’il continuera à peindre inlassablement.

La palette du peintre à dominantes pales peut parfois devenir criarde Les tours vermillon : étude à Marseille, représente un de ces rares exceptions. Une belle exposition pour plonger dans l’univers d’un peintre novateur, original, finalement peu connu en France.

MCH

Jusqu’au 18 septembre à l’Hôtel de Caumont
3, rue Joseph Cabassol à Aix-en-Provence. Parking : La Rotonde.
Tél. 04 42 20 70 01. www.caumont-centredart.com