La Maison de l’Image Documentaire a pour volonté, depuis 2011, de fédérer les énergies autour de la photographie documentaire en région.
Cette soirée de projection répond à notre désir de favoriser la création, la diffusion de la photographie et surtout de faire émerger de nouveaux talents. Pour cette cinquième édition, douze jeunes photographes, qui vivent et/ou travaillent en Occitanie, nous proposent leur sujet documentaire. Ils ont été sélectionnés suite à un appel à candidature lancé en novembre dernier.
La projection aura lieu le 29 février à 18h à la Maison de l’Image Documentaire  et sera présentée par Gilles Favier, photographe et directeur artistique du festival ImageSingulières, en présence des jeunes photographes.

LES LAURÉATS DE L’ÉDITION 2020:

ADRIEN BASSE-CATHALINAT / www.adrienbasse.com
CONFLUENCE
Située dans une plaine inondable au sud de Toulouse, la zone humide à la confluence de la Garonne et de l’Ariège est un milieu fragile soumis au phénomène naturel des crues. Bien que nécessaires au bon fonctionnement des écosystèmes présents, de multiples facteurs liés à l’activité humaine entraînent une augmentation des dégâts matériels et humains avec des phénomènes de plus en plus violents.
Adrien Basse-Cathalinat propose avec son projet Confluence une vision poétique de ces espaces fragiles et questionne les rapports qu’entretient l’Homme avec la Nature.(…)
Projet issue de la « résidence 1+2 – Factory ».

IDRISS BIGOU-GILLES / www.ibgfolio.fr
BUKAKAK CEREMONY
Une fois par an a lieu la cérémonie Bukakak dans le village de Sudaji dans le nord de Bali en Indonésie.
Cette cérémonie hindouiste est celle des fermiers qui rendent hommage aux dieux pour les remercier de leur donner la richesse des terres. Pour cela un cochon est amené en offrande. Une fois tué, il est attaché sur des bambous en forme de croix. Il est ensuite porté en triomphe par les jeunes du quartier dans une course infernale, frappé par des branchages enflammés.

LAURA BORRACHERO / www.lauraborrachero.com
ET APRÈS ?
Blanquefort, près de Bordeaux est devenu un symbole.
Celui des ouvriers de Ford qui luttent depuis des années contre la fermeture de leur usine avec à leur tête Philippe Poutou ancien candidat à la présidentielle. Mais cette fois c’est inéluctable, l’usine vient de fermer il y a seulement quelques mois et huit cent cinquante salariés ont pointé au chômage. Comment appréhender l’avenir, pour eux, pour leur famille, quand ils n’ont eu que cette usine comme horizon depuis plus de trente ans ?

ALEXANDRE CHAMELAT / www.alexandrechamelat.fr
MÀN ZǑU
C’est à travers les provinces du Yunnan, Hunan, Sichuan, Gansu et Beijing que se peint cette série. Au départ, comme tout occidental aux yeux clairs, les regards et les objectifs se sont posés sur moi, je devenais le souvenir de Chinois croisés sur la route. J’y ai vu le début d’un dialogue entre deux univers. La possibilité d’un voyage unique à travers un pays continent.
Sous ce soleil blanc, au rythme lent des rencontres, le portrait d’une Chine des villes et des campagnes se révèle, comme si elle prenait la parole. Tout en contraste et en étrangeté.
* Màn Zǒu est une expression pour dire aurevoir, elle se traduit littéralement par « marche lentement ».

DELIA DELMAS
UN TÉMOIGNAGE AMOUREUX
Je les ai rencontré un matin, ils étaient là devant moi, deux garçons s’échangeant des regards complices, deux corps attirés l’un vers l’autre qui ne demandaient qu’à s’aimer. Alors face à ses fines silhouettes souriantes, mue par je ne sais quel désir, attirée par tant de grâce, j’ai voulu par la photographie rentrer dans leur intimité. Au fil du temps je suis devenue témoin de cet amour là.

LUCAS FRAYSSINET / www.lucasfrayssinet.com
MON VILLAGE
Au travers de ce projet photographique, je voulais redécouvrir le village de Tournon d’Agenais dans lequel j’ai grandi. Je souhaitais montrer ces artisans, commerçants que je connaissais depuis toujours et qui permettent au village d’être plein de vie. J’ai souhaité immortaliser de même l’architecture chargée d’Histoire des bâtiments les plus iconiques et de cette bastide du 13eme siècle.
Pour compléter ce travail j’ai raconté l’histoire des sujets photographiés en remontant parfois quelques siècles auparavant.

TRISTAN HADDAD
uN pÈrE
La série « uN pÈrE » témoigne de ma propre existence, faire face à mes angoisses et aux difficultés de la vie de père séparé. A l’arrivé au monde de mon fils en août 2019, la peur et la joie se mélangent. Je fais soudain face à ma propre enfance, faisant réapparaître les cicatrices et des questions enfouies.
Pourtant cet enfant est un être à part, une nouvelle ouverture sur le monde, tout est à construire … Je tente d’avoir un regard silencieux et bienveillant sur cet être qui se construit avec un père, qui avance dans le noir, tâtonne, trébuche et se heurte au mur de ses erreurs.

CLOÉ HARENT / www.cloeharent.com
LE TEMPS D’UNE PAUSE
Ce documentaire sensible parle d’une ferme auto-suffisante où des personens venues d’au-delà des frontières vont et viennent travailler la terre. Là bas, on danse, on chante, on mange, on travaille dur et on se repose dans l’herbe fraîche. Tout simplement. On redécouvre en quelque sorte l’authenticité, on tisse des liens forts, on fraternise, on débat aussi autour des repas, on apprend sans cesse des autres. Serrer fort dans ses bras un inconnu est un acte si beau, si simple, et pourtant si rare. (…)

SARAH MUNRO
UNCLE JOHN
Mon oncle John est mort le matin du dimanche 5 janvier 2020, dans le lit de sa chambre en Angleterre. C’était un homme très touchant dont la folie m’a toujours fascinée. Dans sa légèreté comme dans sa lourdeur. Lourdeur qui s’intensifiait au rythme de ses addictions. Au cours de la semaine suivante, je m’y suis rendue pour assister à l’enterrement. C’était une après-midi très intense ponctuée de pleurs, de whisky et de boue. Et, malgré la peur et le manque de confiance en moi, j’ai écrit une lettre en son hommage. C’est ainsi que j’ai eu la chance de profiter d’un moment d’introspection. Tout comme me l’ont permis les paysages de mon voyage qui défilaient avec le temps. (…)

OLGA MURASHKA / olgamurashka.fr
RÉSISTANCE NUMÉRIQUE
« Soyez prudente avec vos photos, il y a des espions partout … » – répond l’un de mes clients réguliers à ma demande de faire son portrait … Pendant mes années d’études en France, j’ai travaillé dans un cybercafé du centre ville. À cause de la proximité de la gare, un public très divers et souvent spécial a été attiré par nos services. De nos jours, lorsque tout le monde a un smartphone dans sa poche, la nécessité de quitter la maison pour consulter ses e-mails a disparu. Pourtant, notre cyber est toujours plein de monde. En plus des touristes et des étudiants qui viennent pour imprimer des billets ou des notes, la plupart des clients sont des habitués, ceux qui n’ont pas d’ordinateur et, dans la plupart des cas, pas de téléphone non plus. Qui sont ces gens ? (…)

EZILDA PELISSIER / www.ezildapelissier.com
À DEMEURE
Témoins d’une génération, ils habitent l’Aveyron. Ces hommes et ces femmes demeurent dans de vieilles maisons que le temps a marqué et patiné sans totalement les détruire. Tous ces intérieurs paysans se ressemblent ; les papiers peints, les nappes en toiles cirés, les objets du quotidien, les décors n’ont ici qu’une valeur d’usage, échappant dans leur permanence à toute recherche esthétique liée à la modernité. Ces intérieurs sont là tels qu’ils les ont reçus, tels qu’ils les ont conservés comme cadre de vie et sans souvent personne à qui les transmettre.
Je photographie ces personnes âgés, attentive à leurs gestes, à leurs expressions, à leurs rides, à leurs mains posées enfin au repos, traces de la valeur essentielle de ces vies : le travail de la terre.

MARIANNE THAZET / mariannethazet.photography
DÉSESPOIR HEUREUX
C’est l’histoire d’une jeunesse désabusée.
Témoins d’un monde à la dérive, ils refusent d’y prendre part. Pour eux les campagnes sont un refuge, y revenir est nécessaire. Comme une dernière issue.
Ils ont tout quitté pour revenir à leurs racines. La terre est leur mère et ils ont besoin du réconfort de ses bras. Les arbres sont des remparts au tumulte de ce monde.
Ils sont les bâtisseurs d’une utopie nouvelle. Celle d’un avenir sans espoir mais heureux. Celle d’un monde où tout pourrait continuer comme avant, ou le futur n’existe pas, ou le présent se vit simplement.

Le 29 février à 18h à la Maison de l’Image Documentaire.