C’est dans le B.A.BA de sa collection collective que la galerie près de la gare la plus célèbre du monde a puisé de quoi fournir son exposition d’été.

Les deux premières lettres de l’alphabet justifient ce rapprochement de 13 artistes, quelquefois très différents, garants donc d’une certaine diversité de goût. Avec des œuvres que l’on a pu apprécier depuis quelques années en ce lieu d’art, en particulier les messages de Ben, les abstractions de Georges Ayats ou la figuration narrative de Valério Adami. En fait, de quelque pays qu’ils viennent (Espagne, Belgique, Hollande, Italie, Grande Bretagne ou France), on note une prédilection très nette du côté d’une figuration débridée, celle d’un Joan Barbera par exemple, ou plus graphique d’un Brecht, avec des mouvances affirmées (proche de la nouvelle subjectivité de Pat Andréa, penchant pour l’hyperréalisme de Rafael Armengol, traversée de toutes les tendances d’un Manuel Boix).

On peut y ajouter la sobriété des têtes peintes de Tony Bevan ou les architectures improbables, dans des tons irréels de Tania Blanco, enfin la fascination du corps non standardisé de Camilla Adami. D’un autre côté, on a la rigueur géométrique d’une Claudia Busching ou l’exaltation de la couleur abstraite par Georges Ayats, histoire de se reposer quelque peu le regard ou de faire une pause entre deux déferlements d’images. Et entre les deux, un Fluxus héritier de Duchamp tel que l’infatigable, l’incontournable, Ben, toujours aussi inventif et iconoclaste.

Un espace aussi volumétrique se prête également à l’installation. C’est ce que l’on attend des formes florales, facétieuses parfois, siliconées et des tissus plastiques de Monique Baastian. Après tout le mot monde est inscrit dans le nom de ce Centre d’art, et il faut de tout pour en faire un, sachant que nous n’en sommes, comme déjà souligné, qu’au B.A.BA.

BTN

Jusqu’au 25 septembre
3, Avenue Grande-
Bretagne. Tél. 04 08 34 14 35.