Voilà un artiste qui n’engendre jamais la mélancolie, bien qu’il lui arrive de faire pleurer les arbres (il est vrai qu’ils sont de caoutchouc) ou quelque déesse antique (Niobé) dans un contraste sciemment entretenu de matériaux traditionnels et d’absolument empruntés à notre environnement quotidien. On a pu le voir au Centre W. Benjamin, durant la Dégelée Rabelais, ou à la villa Datris. Le sport est l’un de ses terrains de prédilection, sauf que ledit terrain peut se terminer par des escaliers, la table de ping-pong se dédoubler et dégringoler vers le sol, la cible s’avérer saillante ou la planche de surf jouer du plus vif-argent.

Bref, c’est la surprise permanente avec cet artiste qui ne néglige ni les ballons de baskets pour des compositions colorées, ni ceux de football ayant pris la grosse tête, ni ses potences de vélo qu’il enchevêtre de façon à modeler de menues sculptures chromées. C’est justement la bicyclette, déshabillée dans tous ses états qui permettra à Laurent Perbos de présenter ses multiples compositions à base de jantes, moyeux et rayons. C’est fou ce que l’on peut réaliser comme pièces en suspension, à l’instar de mobiles à la Calder, mais aussi comme construction géométrique que d’aucuns n’hésiteront pas à rapprocher de Mondrian.

Perbos joue de la circularité de la roue pour produire des variations sur un thème, incluant une jante en une autre, deux jantes se trouvant maintenues et équilibrées par une troisième, le tout en jouant de surcroît avec les trois primaires, jaune, rouge, bleu. On a ainsi trois dispositifs, chacun d’eux mettant en exergue l’un des trois composants de la roue. La jante par exemple s’associe plus délibérément à la suspension dans l’espace, le moyeu à une oeuvre murale, surtout s’il se dédouble rendant absurde sa fonction originelle.

Parfois c’est plutôt la sculpture qui est sollicitée, avec force tendeurs et tiges métalliques. Bref l’on va de surprise en surprise malgré le parti pris géométrique choisi, architecture du lieu oblige.

BTN

Jusqu’au 6 novembre, Rue Borne à Sète (34). Tél. 04 99 04 76 00. Cette exposition sera ensuite programmée en la Dupré & Dupré Gallery, rue des Anciens Combattants à Béziers. Tél. 06 12 70 92 47.