Sauve est une ville où il fait bon s’arrêter ne serait-ce que pour considérer la mer des rochers. Une petite galerie, vouée à de grandes marques, et à du mobilier inventif, vient de s’y ouvrir, qui entend de surcroît y présenter du dessin, un peu comme pour faire trait d’union entre le design, le fonctionnel et l’artistique.

Il y a en effet quelque chose dans le dessin qui relève du rapport intime que l’artiste entretient avec son support et qui s’introduit discrètement dans les arts de l’ameublement où des objets qui nous entourent.

On a pu y voir en particulier Claudie Dadu, et son art de dessiner avec ses longs cheveux. Nous ne quittons pas le corps avec les aquarelles, à la langue, de Julien Bouissou. Il s’agit de portraits, féminins et érotiques, où les pigments sont mélangés à la salive pour se voir déposés sur le papier. Bouissou s’approprie donc une technique qu’il personnalise et transgresse puisqu’il s’agit ici, qu’on le veuille ou non, de baiser. En même temps, il creuse la notion de goût, si essentielle en art. Qui n’a jamais eu envie de lécher la peinture, notamment durant l’enfance ? Les corps figurés sont évidemment fluides, transparents, rappelant au fond leurs ingrédients constituants, les humeurs, et notamment le sang qui circule. Il s’agit au fond de silhouettes, traitées en quelques gestes linguaux, comme si l’artiste leur murmurait des mots doux afin qu’elles obéissent à sa conception de leur confection.

Ce qui est d’ailleurs le cas si le format est intimiste : leur dimension est modeste. Elles sont à portée de voix mais aussi de main. Proches pour l’artiste et mises à distance pour le spectateur. On ne transgresse pas la transgression.

Les subdivisions sont apparentes, figurant les quelques actions rythmées qui les composent. Les couleurs sont celles de la chair. Quelques porcelaines et acryliques sur plâtre donneront des aspects concrets à cette démarche originale.

BTN

Jusqu’au 4 octobre
2, rue de l’Évêché. Tél. 04 66 80 53 03.