Genetica à La Mouche à Béziers

Exposition à La Mouche à Béziers

Il y a contemporain et contemporain. Dans ce récent lieu, voué aux artistes de notre temps, il semble que ce soit le versant traditionnel de l’art contemporain qui soit convoqué, celui qui met en exergue le métier et le souci du travail bien fait. Les deux ne sont toutefois pas aussi incompatibles qu’on veut bien le laisser accroire et il suffit parfois de déplacer une œuvre d’un lieu que nous qualifierons, si le mot n’est pas interdit, de normal, vers un espace que l’on dit branché ou élitiste, pour s’apercevoir à quel point les frontières sont poreuses. Toujours est-il que c’est à une famille catalane, les Bofill, qu’est vouée cette exposition estivale dans un cadre charmant, culture et nature pouvant faire bon ménage. D’autant que les oliviers y règnent en maître et qu’ils sont souvent acteurs de prospérité et de paix. Certes le spectateur pourra toujours chercher les points communs, ou au contraire les différences, entre les productions des 3 membres de la famille sollicités.

On trouvera toujours un dénominateur commun à tout ce qui relève de l’humain, l’humanité pouvant passer après tout, pour une grande famille. Josep est un sculpteur à part entière, jusqu’au bout des ongles pourrait-on dire. Ses sculptures sont si connues que l’on se dit qu’on a bien dû les voir quelque part en circulant du côté de Barcelone. Souvent le corps humain, dénudé, féminin essentiellement, est saisi dans un bain de résine transparente. L’opacité naturelle qui le caractérise est ainsi prise dans un carcan de lumière et de clarté, comme si le rêve d’échapper à la pesanteur ne pouvait se réaliser qu’à l’extérieur du corps.

Ces réalisations sont donc marquées d’une profonde empreinte métaphysique, avec les limites du mouvement comme thème majeur. Pep s’exprime plus volontiers par le dessin, y compris numérique, un graphisme nerveux qui révèle l’univers inquiétant des villes de grande solitude, avec leur gigantisme mouvant, leur étrange distorsion, comme si elles étaient vivantes en elles-mêmes. Les silhouettes y errent désespérément. La plus jeune, Laurie recourt volontiers à l’image d’origine photographique,  qu’elle rehausse de peinture, de matière colorée dans un esprit de mélancolie et de révélation de l’expérience solitaire qui caractérise l’artiste dans son environnement quotidien. Et aussi de solution, de remède, en réintroduisant l’humain dans l’urbain.

BTN

Jusqu’au 22 octobre au Domaine de Pradines le Bas Route de Corneilhan.
Tél. 04 67 30 63 52. http://lamouche-art.com

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