Chute des corps
« Ça chute beaucoup autour de nous. Et beaucoup de choses, murs, rideau de fer, ont récemment chuté. Le monde chute, en chute libre. » Claude Régy – L’ordre des morts.
Une chute joyeuse ?

Ce projet plastique est un essai de transposition séculière et amorale de la représentation traditionnelle de la chute des damnés. Amorale, parce qu’il ne s’agit plus de montrer ici une quelconque pénitence vers les enfers de ceux qui n’ont pas respecté la parole divine, mais d’évoquer plastiquement ce sentiment humain de l’insensé – sans sens, dans tous les sens – de l’existence. C’est pourquoi l’expression « chute des corps » a été choisie, elle renvoie à la situation objective de tout corps soumis à l’attraction universelle. Cependant, en toute rigueur, la notion de chute n’est pas tout à fait adéquate, car elle suppose un haut et un bas, un Ciel et une Terre, et donc déjà une inclination morale. En apesanteur, le verbe choir n’a pas de sens. Pas de haut, pas de bas. C’est plutôt cette situation cosmique, que l’athée que je suis, essaie d’exprimer.

Dans l’espace, pas de chute donc. Les corps errent, ils ne tombent pas. Mais cette errance sans but n’est pas fatalement triste, elle peut être vécue dans un désespoir joyeux : les corps se laissent bercer, dansent, dans une sorte de farandole dionysiaque, une affirmation de la vie dirait Nietzsche. Mahi

A découvrir du 6 janvier au 5 février au Théâtre Jacques Cœur à Lattes.
Tél : 04 99 52 95 00