C’est en temps que concepteur de livre d’artistes qu’Eric Tabuchi est l’invité de la Médiathèque des Abattoirs. Mais c’est en tant que photographe plasticien qu’il y est invité et qu’il en occupera l’espace.

Son travail consiste à collecter le maximum d’images d’architecture, soit sur le Net soit directement empruntées à des voyages effectifs. Cette exposition toulousaine montrera justement les deux aspects de cette production. Le passage de la construction, souvent choisie pour son originalité, dans le grotesque comme dans le sinistre, à la photo, a tendance à la standardiser, à lui fournir un format toujours identique, en quelque sorte à l’aplatir. Ou à la rendre immatérielle. D’ailleurs bien malin qui différencierait la banque de données empruntée au Net de celle que fournit la réalité brute. Ainsi Tabuchi semble user de la photo de manière distanciée.

Sans doute le passage au livre, ou la mise en espace lui permettent-ils de retrouver cette épaisseur que la photo dérobe au réel, ou abstrait de ce dernier. Certes l’image ne lui appartient pas mais ce qu’il réussit à faire d’elle signale sa touche personnelle et ne peut lui être dénié. Choisir est un acte créatif, qui favorise une vision subjective du monde. L’artiste se livre en tout cas à des classements, à des typologies qui permettent de mieux nous réconcilier avec un environnement dont nous ne savons plus percevoir les singularités cachées.

L’oeil du photographe nous aide à les voir. Tout près de là, une expo Caden]ces (sic) réunit des achats du Frac et une collection privée d’objets archéologiques. On y retrouve entre autres notre nîmois national, Claude Viallat : au fait quel est donc Le Peintre de Toulouse ?

BTN

Jusqu’au 7 janvier à la Médiathèque des Abattoirs – 76, allée Charles de Gaulle à Toulouse (31). Tél. 05 62 48 58 00.