Encore un exemple de l’importance du mécénat d’entreprise dans le champ de plus en plus présent de l’art contemporain, souvent dérangeant mais qui finit le plus souvent par persuader et s’imposer.

Par le passé, la Fondation Espace écureuil, sous l’égide de la caisse s’épargne M-P, a pu ainsi monter des expositions d’artistes de grande qualité comme Glen Baxter (vu au CRAC) ou Motoi Yamamoto (actuellement à Aigues-Mortes).

Par ailleurs, sa collection contient un étonnant cadavre exquis, mi plastique mi littéraire, initié par Jean le Gac. Pour cet été, le tissu a été mis à l’honneur avec le travail de Chantal Forchesato. L’artiste confectionne des manteaux improbables, absolument immettables dans la réalité quotidienne mais justement, n’est-ce pas la fonction de l’art que de nous proposer une autre vision de la réalité ? De la pousser jusqu’à l’extrême et de lui permettre, le temps d’un regard prononcé, voire d’une contemplation, de s’émanciper ?

Les modèles photographiés se prêtent avec complaisance à ce dévoilement subtil de leur corps, ou au contraire à la déformation que le vêtement leur fait subir, du fait de la raideur du matériau ou de sa capacité à ballonner. Parfois le visage est couvert par des analogies avec le règne animal. Les couleurs peuvent s’avérer rutilantes, diverses et variées, ou au contraire sobres, tirant même sur le monochrome.

L’univers de l’enfance n’est pas oublié, l’artiste jouant en tout état de cause sur la tension entre l’innocence du modèle et l’audace de son vêtement temporaire. Un atelier public est ouvert le 3 septembre, pour une présentation le 15 oct, à la chapelle des Carmélites.

Enfin l’exposition est complétée par une série de dessins au fil, sur papier de soie, souvent macabres et troublants, où l’artiste conçoit ce qu’il est plus difficile de montrer réellement.

BTN

Jusqu’au 10 septembre.
42, rue du Languedoc. Tél. 05 62 30 23 30.