L’immense espace des Abattoirs favorise la multiplicité des propositions. Si le sous-sol est voué aux maîtres du street art (parmi lesquels Futura, qui choisit un wagon comme support graphique), on ne quitte pas ce moyen très actuel d’expression puisque l’essentiel de cette exposition centrifuge confronte les nombreuses pratiques de l’art des rues avec des œuvres majeures de la Collection ou des nouvelles acquisitions.

Aux virtuoses du pochoir, de la bombe (de peinture) ou du graffiti que sont Delta, Tilt, Kr ou le montpelliérain Mist, on mêle donc les Combas, qui vient d’une culture assez proche, tout comme Blanchard, H. Di Rosa et le non moins regretté toulousain Hortala, mais aussi des puissantes allégories de Wang Du, les photographies de Brassaï écumant les murs lépreux, ou encore la subtile figuration d’un Fahlstrom.

Ajoutons-y la formidable machine visuelle de Dejode et Lacombe qui nous plonge dans un océan de couleurs. Les approches ethnologiques de Ben Russel et Martin Arnold. Ou encore Alain Declercq, l’homme qui n’a pas froid aux yeux, et construit un tableau-paysage en tirant à la carabine.

Richard Fauguet, connu pour ses cheminées fantastiques, ses antivols à vélo envahissants ou ses pingpong aux balles figées dans le mouvement. Mais les Abattoirs c’est également Une « Interraction » n°4 qui interroge sur les rapports ambigus de l’homme et de son environnement naturel (extraordinaire photo d’un iceberg exploré, de Julien Charrière). Une « Prévision » de conquête spatiale au long des décennies, avec des plans de toutes textures, décontextualisés, et réduits à de simples dessins.

Et enfin, pour les amateurs d’objets insolites, La morale du joujou, collection particulière avec entre autres un magnifique Tinguely. De qui passer un bon moment d’autant que la bibliothèque a également de quoi nous sustenter. A venir une grande exposition Raphael Zarka…

BTN

Jusqu’au 28 août
76, allée Charles de Filte. Tél. 05 62 48 58 00.