On est toujours heureux de voir que notre région est à même de voir naître des artistes de notoriété nationale et parfois davantage. Tel est le cas de Bruno Peinado, natif de Montpellier où il a fait ses études.

Le musée de Sérignan a ainsi choisi cet enfant du pays pour remodeler la façade de sa récente extension. On peut penser à des enseignes publicitaires parallèles ou perpendiculaires au bâtiment, pour la plupart monochromes mais aussi, divisées par des bandes, ou réfléchissant les lieux environnants. Un appel à venir y voir de plus près, à franchir le seuil du musée, où l’on trouve parfois ce à quoi on ne s’attendait pas.

Cette exposition estivale le prouve, le ludique dominant, tous les publics pouvant se voir interpellé par les réalisations de Peinado. Des lego, géants et géométriques, le prouvent, eux qui font penser à des constructions d’enfants, dans de multiples matières et couleurs, combinés et distribués en sculptures dans tout l’espace du rez-de-chaussée.

Au centre, une piste de danse, avec estrade et boule de dancing, où se succèderont des animations en tous genres (musique ou conférences). Aux deux extrémités de cette grande salle, deux miroirs géants réfléchissent l’ensemble et semblent le poursuivre.

A l’étage, Peinado a réalisé trois installations : la 1ère est constitués de cartes à taille humaine, encochées les unes dans les autres, à l’instar d’un labyrinthe qui pourrait se prolonger à l’infini, et dont on soupçonne l’équilibre fragile et pourtant assuré. Toujours cette allusion à l’enfance, patinée d’aluminium peint, de formica ou de contreplaqué. Plus loin, la famille de l’artiste a été sollicitée pour des compositions, plus modestes, redonnant vie à des objets trouvés dans quelque videgrenier. Caractère ludique, enfantin, gestes assez simples de combiner ou joindre, constructions élémentaires, production collective et profane : on est dans un b.a ba. Un vocabulaire minimal suffit à énoncer d’innombrables phrases. Peinado le prouve en proposant un itinéraire pictural fait de très nombreux tableaux verticaux, de forme, couleur et matière différente, telles des affiches, avec cette simplicité apparente qui le caractérise. Il s’approprie aussi le cabinet de dessins, complètement remodelé pour la circonstance, de petits formats précieux.

Enfin, la 2ème salle, toujours sous l’œil régulier des tableaux de toutes sortes et matériaux ou couleurs, propose sept formes de rochers en plâtre où semblent s’être incrustées, tels des mollusques, des mains tranchées, en hommage à ceux qui les ont manipulés, les assistants de l’ombre. Le tout dans une lumière pâle, presque onirique. Cette simplicité n’est pas faiblesse. Elle relève du projet utopique de construire : une nouvelle hacienda, une nouvelle enfance pour l’homme, et de l’art, notamment.

Le dépôt du Cnap impressionne par les grands noms annoncés (Turell, Goldsworthy, Höller…). L’aigle de Mike Kelley ne peut laisser insensible. Ni la table précaire de Katinka Bock, les ombres formelles d’Alan Mc Collum, les allumeuses vidéo de Céline Duval, ou un résinotype noir de Gérard Traquandi, fleurons d’une franche promenade, ponctuée d’une pause en la cabane/Buren.

BTN

Jusqu’au 9 octobre
146, Avenue de la Plage. Tél. 04 67 62 33 05.